L'université d'excellence gratuite, c'est possible!

François Garçon, enseignant chercheur, nous explique dans le Nouvel Obs, qu’une université d’excellence et gratuite est tout à fait possible. D’après le magazine « Challenges », les universités d’excellence seraient sélectives et payantes, comme en Grande Bretagne, aux Etats Unis ou au Canada.

En Grande Bretagne, et depuis huit ans, les droits d’inscription à l’Université sont dix fois supérieurs à ceux en vigueur en France, voir trente fois supérieurs dès la rentrée prochaine. Pourtant, à ce jour, la France et la Grande Bretagne comptent un nombre identique de jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur.

Gratuité et absence de sélection seraient-elles des freins à l’excellence ? D’après le classement du Times Higher Education, dans trois pays européens, il existe des établissements d’enseignement supérieur aux résultats plus qu’honorables, de plus, on apprend que ces établissements sont gratuits et non sélectifs.

Le numéro trois de ce classement (dans le sous-ensemble des établissements non-britaniques) est le Karolinska Institutët, un établissement suédois, situé à Stockholm. Dans cet établissement la gratuité est complète, sauf pour les non ressortissants de l’UE. En deuxième position se trouve la Ludwig-Maximilians-Universität de Munich. Les droits d’inscription sont de 542 euros par semestre, un prix tout à fait correct par rapport aux universités britanniques. Enfin en première position, talonnant la prestigieuse université de Oxford, l’université de Cambridge et l’Imperial College, on trouve l’Eidgenössische Technische Hochschule à Zurich. Les frais d’inscription sont de 480 euros par semestre. Ces établissements sont qualifiés de non sélectifs, même si on y entre sur dossier scolaire. Ces établissements sont également autonomes et recrutent eux mêmes leurs enseignants chercheurs. Ils rendent des comptes à leurs autorités de tutelle, finançant 85 à 92% de leurs budgets, celles ci sont assez tatillonnes, notamment en Suisse.

En Suisse, et en Allemagne, les études professionnelles sont valorisées, tout comme l’apprentissage. En effet, l’ouvrier qualifié est un pilier de leurs industries très en forme. Bref, parce que les métiers manuels sont valorisés, comme en témoignent notamment les salaires versés, ils sont attractifs dès l’école secondaire. Adolescent, on ne s’oriente pas vers la réparation automobile faute d’avoir pu entrer à l’université, comme en France.  De fait, les universités sont moins chargées et accueillent ceux et celles qui veulent vraiment y étudier. Voilà à quoi tient l’aspect sélectif de la Suisse, de l’Allemagne, et de  la Suède.

La preuve de la réussite d’un tel modèle se lit dans une statistique : en décembre 2011, le taux de chômage des 15-24 ans en Suisse était de 3,4%, de 11% en Allemagne. A la même date, en France, 23% des moins de 25 ans étaient au chômage.

Retrouvez cet article dans son intégralité sur le site du Plus du Nouvel Obs. 

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