Annie Thébaud-Mony, chercheuse INSERM, refuse la légion d’honneur.

Une chercheuse refuse la Légion d’honneur pour dénoncer les « crimes industriels »

Source : Usinenouvelle.com  – Elodie Vallerey

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, a écrit dans sa lettre de refus « la remise en cause de l’impunité qui, jusqu’à ce jour, protège les responsables de crimes industriels ».

C’est à une scientifique engagée que Cécile Duflot, ministre du Logement, avait décidé de remettre la Légion d’honneur lors de la promotion dite « du 14 juillet ». Engagée, mais surtout révoltée. Annie Thébaud-Mony, chercheuse et spécialiste des cancers professionnels, a ainsi refusé la décoration honorifique.

Dans la lettre qu’elle a adressé à la ministre, rendue publique le 4 août, elle explique son geste militant et émet des doléances précises : « Je souhaite la remise en cause de l’impunité qui, jusqu’à ce jour, protège les responsables de crimes industriels ». Par « crimes industriels », cette pasionaria de la santé au travail entend « l’amiante, les pesticides, les déchets nucléaires et chimiques etc… ». « Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail (…), le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales », martèle-t-elle dans son courrier.

« Je ne fais pas ce geste contre Mme Duflot », précise à l’AFP la présidente de l’association Henri Pézerat, qui a pour but de créer et de faire vivre un réseau d’échanges d’expérience et d’aide aux luttes sociales concernant la santé des personnes en lien avec le travail et l’environnement.

« Ma démarche se veut un appel à la mobilisation citoyenne, mais aussi parlementaire et gouvernementale, pour le respect des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité », écrit-elle en accompagnement de sa lettre à la ministre datée du 31 juillet, comme le rapporte l’AFP.

« Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale », dit-elle dans sa lettre à Mme Duflot.

En mars dernier, Annie Thébaud-Mony s’exprimait sur les cancers professionnels, et notamment du cas de l’amiante, dans une vidéo :

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