La gouvernance des universités françaises – Pouvoir, évaluation et identité

source : assises-esr.fr

Par Stéphanie Chatelain-Ponroy (Cnam-LIRSA), Stéphanie Mignot-Gérard (UPEC-IRG), Christine Musselin (SciencesPo-CNRS), Samuel Sponem (HEC Montréal)

La gouvernance  des universités  françaises – Pouvoir, évaluation et identité

La massification de l’enseignement, la multiplication des classements, la transformation des modes de financement et, plus généralement, l’internationalisation constituent quelques-uns des bouleversements profonds auxquels est confronté l’enseignement supérieur dans la plupart des pays de l’OCDE. Ces bouleversements se sont traduits par des réformes importantes des universités dans les années récentes, notamment en France.

Dans ce contexte, la gouvernance universitaire et, plus généralement, les liens entre les États et les institutions d’enseignement supérieur ont généré de nombreux débats. En la matière, plusieurs rapports ont été publiés au niveau mondial (Fielden, 2008), européen (Estermann et al., 2011) ou français  (Aghion, 2010 a et b). Cependant, la plupart d’entre eux se limite à caractériser la gouvernance à un  niveau institutionnel, sans interroger les acteurs sur leurs perceptions et leurs pratiques.

Le présent rapport vise à donner un panorama des pratiques de gouvernance des universités françaises. Il est issu d’un premier traitement des données obtenues par la passation d’un questionnaire  en ligne auprès de toutes les universités françaises (y compris les universités de technologies mais pas les grands établissements).
Le questionnaire a été envoyé à l’ensemble des personnes occupant des responsabilités de gouvernance au sein de leur établissement : présidents, vice-présidents, chargés de mission ou assimilés, directeurs des services généraux ou secrétaires généraux et leurs adjoints, directeurs de services centraux et dans certains cas (en ressources humaines et en finance notamment) leurs subordonnés, membres internes et externes des conseils (Conseil d’administration (CA), conseil scientifique (CS) et conseil des études et de la vie universitaire (CEVU)) et enfin aux directeurs de composante, responsables de département (le cas échéant) et directeurs de laboratoire ainsi qu’à leurs responsables
administratifs.

Cette étude constitue la partie quantitative d’une recherche qui inclut également une enquête qualitative par entretiens dans trois universités qui s’est déroulée en juin 2011. L’ensemble de ces travaux porte sur la gouvernance des unités françaises et poursuit trois objectifs.

Premièrement, ces enquêtes visent à faire progresser la connaissance et la compréhension du fonctionnement organisationnel des universités grâce à l’observation des différents niveaux de prise de décision. Les travaux (exclusivement américains) des années 1960 et 1970 avaient conclu à l’existence de quatre modèles de fonctionnement universitaire : collégial (Goodman, 1962 ; Millett, 1962), bureaucratique (Blau, 1973), politique (Baldridge, 1971) et enfin celui de l’anarchie organisée (Cohen, March et Olsen 1972). Depuis, aux États-Unis comme en Europe et en France, des méthodes, des pratiques et des outils s’inspirant du nouveau management public ont été introduits dans les universités, si bien
que certains auteurs ont parlé de leur construction en organisations (Brunsson et Sahlin-Andersson,  2000 ; de Boer, Enders et Leysite, 2007) ou en acteurs stratégiques (Krücken et Meier, 2006 ; Whittley, 2008).

pour lire la suite du rapport cliquez ici

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