Premiers pas dans le conseil

Source : LesEchos.fr

Par Alban KARILA

Premiers pas dans le conseil

LE CERCLE.   Le métier du conseil est en vogue. Réputé formateur, il constituerait un tremplin vers des postes à plus hautes responsabilités. Encore faut-il y accéder. Le stage constitue bien souvent la porte d’entrée la plus accessible.

L’art et la manière

Tout commence avec la recherche de stage, laquelle constitue déjà une expérience enrichissante. Souvent longue, elle se transforme parfois en un véritable parcours du combattant. Parti avec la ferme intention de réaliser un stage dans le conseil en organisation, j’ai rapidement été contraint d’élargir le spectre des entreprises où porter ma candidature, le secteur du conseil ayant subi un ralentissement du fait de la crise économique.

Si, malgré les relances, certaines entreprises ne prennent même pas la peine de répondre aux candidatures, d’autres envoient tout de même un email standardisé. Et puis il y a les stars. En l’occurrence, un grand groupe de luxe français. La réponse à ma candidature m’est parvenue sous la forme d’une belle lettre en papier cartonné. Je n’ai pas été retenu, mais cette entreprise, qui croule certainement sous les candidatures, a incontestablement l’art et la manière de cultiver son image et de créer des liens avec les étudiants.

Une entreprise pas comme les autres

Après plusieurs mois de recherche et contre toute attente, j’obtiens finalement le stage rêvé, dans un cabinet de conseil en organisation. Un cabinet à taille humaine, spécialisé dans les secteurs de l’assurance et de l’industrie. Dès mes premiers jours de stage, j’ai compris que je n’étais pas dans une entreprise comme les autres. Plusieurs éléments m’ont surpris et, en premier lieu, le tutoiement de la hiérarchie ! Il était de rigueur pour tous les membres du cabinet.

Cela peut surprendre au début, mais on s’y habitue vite et la communication en est grandement facilitée. Ensuite, j’ai été surpris de découvrir que l’on m’avait attribué un « parrain » parmi les managers, lequel m’a conseillé et a facilité mon intégration au sein du cabinet. Enfin, j’ai été marqué par l’importance du travail en équipe dans le conseil. Les consultants travaillent souvent à plusieurs sur une mission et aiment partager leurs savoir-faire comme au sein d’une grande famille, avec les ainés aidant les plus jeunes.

À l’école du conseil

En travaillant sur plusieurs missions, j’ai pu me familiariser avec des problématiques organisationnelles diverses et actuelles. Mon travail était supervisé par une consultante qui m’indiquait régulièrement mes forces et mes axes d’amélioration, une pratique qui m’a permis de monter en compétence plus rapidement et de prendre ma place. Ce qui m’a surpris, c’est d’avoir pu être intégré tel un consultant junior. Un autre aspect positif a été le partage des connaissances.

Le cabinet était doté d’un système de partage des connaissances performant, les retours d’expérience des missions antérieures permettant de mieux conduire les missions futures similaires. Enfin, j’ai appris que dans le conseil, la personnalité est aussi importante que l’expertise. Il faut savoir convaincre les clients et entretenir de bonnes relations avec ces derniers, le succès de la mission et l’obtention de nouveaux contrats en dépendent.

Ne nous donnez pas de poissons, apprenez-nous à pêcher

Certains étudiants reprochent aux universités et écoles de dispenser des enseignements trop théoriques et pas assez fonctionnels, ne leur permettant pas d’être directement opérationnels en entreprise. Je voudrais nuancer cette critique. D’une part, les universités participent souvent, par l’intermédiaire de la recherche, au développement de connaissances techniques et théoriques.

D’autre part, au-delà de délivrer des enseignements théoriques, l’université forme à analyser des problématiques complexes, ce qui peut s’avérer utile en entreprise. Les connaissances techniques sont en effet nécessaires, mais pas suffisantes. Ainsi, lorsque j’ai travaillé sur la dépendance, une problématique d’assurance, la principale difficulté était d’appréhender des situations que je trouvais complexes et de comprendre tous les enjeux afin de proposer une solution. En aurais-je été capable si je n’avais reçu qu’une formation fonctionnelle ? Pas si sûr.

Au final, si ma formation universitaire ne m’a pas permis d’être directement opérationnel, elle m’a donné les outils pour le devenir rapidement. Comme l’a dit Confucius : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ».

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