Fioraso veut calmer la grogne des présidents d’université

Fioraso veut calmer la grogne des présidents d’université

Les présidents d’université s’inquiètent ouvertement du projet de loi en préparation.

La ministre de l’Enseignement supérieur fait des concessions sur la gouvernance.

Le futur projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche porté par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, suscite de nombreuses craintes auprès des présidents d'université. - Photo Gérard Julien/AFPLe futur projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche porté par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, suscite de nombreuses craintes auprès des présidents d’université.

– Photo Gérard Julien/AFP

Certains y verront un recul. D’autres, le souci de ne pas braquer les universités. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, vient d’adresser un courrier à tous les présidents d’université pour apaiser des craintes liées au futur projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche. « Vous avez été écoutés, vous pourrez l’être encore », leur écrit la ministre. Un message plutôt bien reçu. Depuis cette missive, la conférence des présidents d’université (CPU) parle d’avancées « significatives ». Mais toutes les craintes n’ont pas disparu pour autant.

Première inquiétude : les moyens. « Comment mener une vraie politique sans une masse salariale stabilisée ? », résume la présidente de l’université Montpellier-III. Anne Fraïsse fait partie des quatorze présidents qui avaient adressé, mi-novembre, une lettre ouverte en ce sens à Geneviève Fioraso. Au ministère, on rappelle que 5.000 postes supplémentaires sont programmés sur le quinquennat, dont 1.000 pour l’an prochain. Un rééquilibrage jugé insuffisant par la CPU, qui évoque « une inquiétude majeure » sur les moyens.

Conseil académique décrié

Les présidents d’université redoutent aussi que leurs établissements ne deviennent, selon un document de travail de la CPU, « ingouvernables ». En cause : la création d’un conseil académique censé fusionner les deux principaux conseils des universités, le conseil scientifique (CS) et le conseil des études et de la vie universitaire (Cevu). Dans le préprojet de loi, le président du conseil académique et celui de l’université seraient deux personnes différentes. D’où les craintes de la CPU d’ « affaiblissement » des équipes de direction et de « dyarchie » à la tête de l’université. Le président de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Jean-Luc Vayssière, y a vu « une volonté de revenir sur la loi LRU de 2007 [sur l’autonomie des universités, NDLR] , le conseil académique étant destiné à agir comme contre-pouvoir au conseil d’administration ». Pour Anne Fraïsse, le projet de loi est, de ce point de vue, «  choquant par la suspicion qu’il introduit sur les présidents et leurs équipes ».

Dans son courrier, Geneviève Fioraso autorise finalement les universités à maintenir les deux conseils existants. « Les établissements décideront, confie la ministre. On laisse vraiment beaucoup de liberté. » « Il n’empêche qu’on n’est pas convaincu de la plus-value de ce conseil académique », résume Jean-Luc Vayssière. « On est en train de détricoter et de déstructurer les universités et on ne voit pas où l’on va, complète Anne Fraïsse. C’est une loi dogmatique et idéologique. »

Le courrier de la ministre apaise certaines craintes, mais ne convainc donc pas sur le fond, apparemment. « Ce préprojet manque d’ambition, on est dans le bricolage et dans les ajustements en termes de gouvernance », regrette Jean-Luc Vayssière.

À noter

Le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche est attendu mi-février devant le Conseil d’Etat, et mi-mars au conseil des ministres.

Marie-Christine Corbier

Source lesechos.fr

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