Louis Vogel, retire sa candidature : « Sciences Po envoie un mauvais signal »

Louis Vogel : « Sciences Po envoie un mauvais signal »

L’ancien président de la Conférence des présidents d’université explique les raisons du retrait de sa candidature à la direction de Sciences Po.

Louis Vogel. (AFP/FRANCOIS GUILLOT)

Louis Vogel, l’ancien président de l’université de Paris 2 Panthéon-Assas, ancien président de la Conférence des présidents d’université, faisait partie des trois candidats qui ont été présélectionnés ce samedi 23 février pour succéder à Richard Descoings à la tête de Sciences Po. Mais il a annoncé ce lundi qu’il retire sa candidature. Un revirement soudain de la part de celui qui, le 31 janvier dernier, déclarait au site Educpro : « La procédure [de sélection à Sciences Po] est très structurée et je suis tout à fait confiant ».

 Pourquoi retirez vous votre candidature ?

– Je suis très déçu par ce qui s’est passé. Pas pour moi personnellement, car je n’étais pas à la recherche d’un poste. Mais pour Sciences Po. Sciences Po est une institution magnifique. Particulièrement bien placée pour être un brillant vecteur de l’excellence universitaire française. Notamment dans les sciences humaines et sociales. Mais voilà : pour diriger une institution universitaire, il faut un universitaire, un vrai, légitime, doté d’un doctorat, reconnu par ses pairs. C’est ainsi que cela se passe partout dans le monde.

Pourtant vous vous étiez déclaré confiant dans la procédure

– Effectivement je me suis engagé confiant car j’avais vu qu’il fallait, pour postuler, présenter quatre critères très approfondis. Parmi ceux-ci, il était notamment exigé de bien « connaître le monde universitaire national et international » et également de « témoigner d’une large compréhension des enjeux de la recherche dans les sciences sociales. » A l’issue de la présélection de ce samedi, j’ai été choqué de constater que ces « prérequis » n’ont pas été exigés de tous les candidats.

Je ne mets nullement en cause les compétences professionnelles des autres candidats. Simplement chaque secteur a ses propres professions. L’université, c’est l’affaire des universitaires. J’ai plus de vingt-cinq ans d’expérience dans ce domaine. Il faut être légitime pour parler avec ses pairs. Pour être plus reconnue à l’international, l’université française a besoin qu’on lui permette de réaliser de grandes ambitions. Il faut pour cela que soient promus des universitaires de haut vol. L’exemple que vient de donner Sciences Po est inquiétant car c’est un mauvais signal qui va en sens inverse des pratiques académiques mondiales. Il laisse entendre que l’on n’a pas encore bien compris ces pratiques.

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