Pôles de compétitivité : la recherche aujourd’hui, les emplois de demain. Témoignage d’une jeune biotech.

Source ladepeche.fr

Les ingrédients mis au point par Genibio entrent dans la composition de gélules de compléments alimentaires de laboratoires comme Pileje./ Photo Arnaud Paul ()

Les ingrédients mis au point par Genibio entrent dans la composition de gélules de compléments alimentaires de laboratoires comme Pileje./ Photo Arnaud Paul

Les pôles de compétitivité ont fait leur trou dans le paysage économique français. En rapprochant la recherche et les entreprises, les pôles ont eu un effet direct sur l’emploi.

«Les pôles de compétitivité sont pour moi et Genibio des éléments essentiels. Sans labellisation, on a du mal.» François Paul est un chercheur heureux. Genibio, son entreprise qu’il a fondée il y a une quinzaine d’années prospère à Lorp-Sentaraille. «On a quand même de la chance de travailler dans un cadre pareil» lâche le chef d’entreprise en embrassant le panorama des montagnes enneigées du Couserans.

C’est là derrière ces murs que Genibio extrait des ingrédients végétaux, conçoit des prebiotiques, des probiotiques, ces compléments alimentaires constitués de bactéries lactiques destinés à rétablir l’équilibre de la flore intestinale. Genibio met au point des ingrédients de ces compléments alimentaires que des laboratoires fabriquent et commercialisent ensuite comme le laboratoire Pileje.

Un laboratoire partenaire de Genibio qui intervient dans le champ très porteur de la micronutrition qui s’intéresse au rapport entre l’alimentation et la santé. Et c’est là que Genibio, l’entreprise de Lorp-Sentaraille intervient. «Pour pouvoir mettre en avant des allégations sur les bienfaits sur la santé de telle ou telle combinaison de bactéries, il faut d’abord chercher, étudier et tester» explique François Paul.

L’objectif des pôles de compétitivité de rapprocher les laboratoires et les entreprises est presque une évidence pour François Paul, scientifique passé au monde de l’entreprise. Genibio est d’ailleurs le résultat d’un essaimage parti de l’INSA de Toulouse. La société a trouvé sa place au sein d’Agrimip Sud-Ouest Innovation. «Nous avons la culture de partager, de monter des projets collaboratifs» détaille François Paul. «Genibio, c’est de la recherche qui débouche sur des produits innovants» poursuit-il. «Les pôles de compétitivité, ce sont des portes d’entrée intéressantes pour une PME située hors de Toulouse. Sans labellisation Pôle de compétitivité, on a plus de mal à trouver des partenaires.»

Genibio reste ainsi en éveil. Quand un appel à projet l’intéresse, il s’appuie sur les structures existantes type Ariège Expansion, ou la CCI pour l’aider à monter des dossiers. «Ces structures sont déterminantes : sur le plan financier, par exemple, il faut montrer de plus en plus patte blanche et être capable de produire des documents rapidement» précise François Paul qui salue également le contrat d’appui innovation signé avec le conseil régional.

Pour François Paul, le développement de Genibio va continuer de passer par les probiotiques et les promesses de la micronutrition en pleine expansion.Le scientifique chef d’entreprise est en train de faire mûrir un projet de recherche qui pourra déboucher sur un programme de plusieurs années de production.


Pôles de compétitivité

Inspirés des clusters américains et japonais, les pôles de compétitivité français, au nombre de 71, visent «le regroupement sur un même territoire d’entreprises, d’établissements d’enseignement supérieur et d’organismes de recherche publics ou privés qui ont vocation à travailler en synergie pour mettre en œuvre des projets de développement économique pour l’innovation.» Selon un rapport d’évaluation des pôles publié en juin 2012 par BearingPoint France SAS – Erdyn – Technopolis Group-ITD, «2 500 des projets de R & D des pôles ont généré des innovations dont près des trois quarts sont des innovations de produits et de procédés. Les innovations de services, organisationnelles et de marketing restent minoritaires sans être pour autant négligeables. Environ 25 % des projets génèrent une innovation.» «Les projets de R & D ont conduit entre 2008 et 2011 au dépôt de près d’un millier de brevets surtout dans les TIC, biotechnologies/santé et l’énergie.

[…] 93 startups sont issues directement des projets de R & D, soit en flux annualisé 5 % environ de la création annuelle d’entreprises innovantes en France.»

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