Association vih.org : la lutte contre le sida frappée par la rigueur. Et pas qu’elle…

Par ERIC FAVEREAU Libération.fr

C’est cela aussi la crise, un vent insidieux, qui souffle sur le monde des associations de malades. Avec une baisse souvent forte des subventions. Exemple : la planète sida. Tout un tissu associatif doit réduire les voilures. Les activistes d’Act Up n’ont plus un sou. L’association vih.org, qui gère un site d’information mais également des revues (dont l’une sur les drogues), a paniqué ces dernières semaines ; elle reçoit d’ordinaire 60 000 euros de la Direction générale de la santé. Subvention supprimée, mais, à force d’un intense lobbying, 30 000 euros ont été sauvés pour 2013. Rien n’est fixé pour la suite.

Arcat-sida, une association historique, mais aussi le Kiosque sont à cran. Certes, elles ont été reprises par SOS, grand groupe médico-social, mais leur avenir reste incertain. «Ce qui est compliqué, explique leur directrice, Eve Plenel, c’est que l’on a beaucoup de difficultés pour innover. On arrive à maintenir les crédits, mais pour financer des expériences nouvelles, c’est très délicat.» Ainsi le Kiosque, qui fonctionne à Paris comme une boutique de prévention, a voulu se lancer dans des tests de dépistage rapide. «Nous avons failli fermer l’année dernière, la mairie de Paris nous a sauvés en versant 60 000 euros. Mais on reste en déficit. La subvention est reconduite pour 2013, mais après, on s’interroge», dit Plenel.

A Aides, l’association la plus importante d’Europe dans la lutte contre le sida, on fait très attention. «A côté de nos collectes de fonds privés, nous avons trois types de subventions publiques, l’une venant de la Direction générale de la santé, une autre des agences régionales de santé, et celle de l’assurance maladie. Il est clair que, pour les deux premières, les subventions sont en baisse depuis deux ans. Ça peut aller jusqu’à 30% de moins», constate Olivier Denoue, directeur général délégué de Aides. Signe de ce changement d’horizon, pour la première fois de son histoire, Aides devrait diminuer cette année le nombre de ses salariés.

Ce vent de rigueur atteint toutes les associations. Un des cas les plus emblématiques est la Fnapsy, qui fédère des associations de malades mentaux. Sa présidente vient de lancer un manifeste de survie : «Nous, association représentante des usagers, nous existons depuis vingt et un ans et sommes subventionnés par le ministère depuis dix-huit ans. En 2012 notre subvention est passée de 170 000 euros à 70 000 euros. Nous avons été dans l’obligation de licencier nos permanents.»

Pour conclure, la Fnapsy ajoute : «Nous ne sommes plus en mesure d’assurer notre mission, comme de défendre les intérêts moraux et matériels des associations d’usagers en psychiatrie. Le mouvement des usagers directs de la psychiatrie est en péril !»

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