Fronde contre la reconduction de Geneviève Fioraso au gouvernement

imagesCeux qui pensaient que la reconduction de Geneviève Fioraso passerait comme une lettre à la poste en seront pour leurs frais. L’annonce envisagée du maintien au gouvernement, comme secrétaire d’Etat, de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, déchaîne depuis vendredi soir sur Twitter une « montée de la colère et du découragement ». 

Source : Les Echos, écrit par Marie-Christine Corbier

Dans une pétition adressée au nouveau ministre de l’Education , de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Benoît Hamon, plus de 6.000 universitaires affirmaient, lundi soir, leur « immense déception suscitée par la politique menée depuis deux ans ». Ils évoquent le « désastre de la poursuite de la LRU – loi relative aux libertés et responsabilités des universités ». Déçus de « l’alternance »,ils considèrent que le ministère s’est contenté « d’effets d’annonce, comme l’avait fait Valérie Pécresse en son temps ».

La pétition, partie d’un échange sur Facebook entre une professeur de science politique, Pascale Laborier, et une quinzaine de collègues, a vite gagné d’autres disciplines. Elle a été relayée par une autre initiative réunissant 59 universitaires de gauche, réunis sous l’appellation « groupe Jean-Pierre Vernant », qui avaient de leur côté écrit à Benoît Hamon pour s’en prendre à la politique et aux « méthodes employées » par Geneviève Fioraso.

Tous évoquent la « faillite des universités » qui va des problèmes de « chauffage coupé » à la « précarisation » en passant par « l’inefficacité du crédit impôt recherche (CIR) ». Au-delà des moyens, ils dénoncent, comme Bruno Andreotti, professeur à Paris VII, « des méthodes d’autoritarisme qui ne sont pas liées aux difficultés budgétaires ». Les uns lui reprochent de forcer les regroupements entre universités d’une manière telle que cela contrevient à la loi. Les autres d’avoir imposé une réduction drastique des intitulés de masters sans concertation. Et des expressions maladroites, comme sur les universités censées devenir « des centres de coûts et de profits » .Certains verraient bien la vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Isabelle This Saint-Jean, lui succéder.

Mais au sommet de l’Etat, nombreux sont ceux qui défendent son bilan. François Hollande lui-même lui reconnaît « le mérite de n’avoir mis personne dans la rue et d’avoir bien négocié, y compris la dernière loi », selon une source bien informée. « Les mécontents se trompent d’adversaire, poursuit-on en haut lieu, pointant Bercy ou les présidents d’université. La nomination d’une autre personnalité ne changerait rien. »Dans ce contexte tendu, la promesse faite la semaine dernière par François Hollande de « sanctuariser » le budget de la Recherche est passée quasi inaperçue.

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