Deuxième organisme de recherche biomédicale au monde, l'INSERM célèbre son cinquantenaire

téléchargement (11)Paris, le jeudi 3 avril 2014 – L’un des piliers de la recherche médicale en Europe et dans le monde, l’INSERM, fête son cinquantième anniversaire cette année. Temps fort de ces célébrations, un colloque est organisé aujourd’hui en présence du chef de l’Etat.

Source : JIM.fr, écrit par Aurélie Haroche

Cette rencontre entre les chercheurs, le monde politique et des représentants du secteur économique se veut tournée « sur l’avenir, l’interdisciplinarité croissante des sciences de la vie et de la santé, leur rôle dans la transformation en profondeur de notre société ». Il est cependant également l’occasion d’un retour en arrière, afin de mesurer le chemin parcouru non seulement depuis la création de l’INSERM en 1964, mais également au-delà depuis l’émergence du concept de recherche médicale, alliant résolument science et clinique.

Des pionniers ayant pour nom Robert Debré, Louis Bugnard ou Jean Bernard

Car il fut un temps où la recherche et la médecine évoluaient parallèlement, sans nécessairement se croiser. Au XIXème siècle « la physiologie intéresse davantage le Collège de France que la faculté de médecine » résume ainsi l’INSERM dans son dossier consacré à son jubilé. Il faudra donc l’opiniâtreté et l’intuition géniale de quelques pionniers visionnaires pour que s’impose en France l’union de la médecine et la recherche. Robert Debré a notamment « joué un rôle majeur » en la matière constate l’INSERM qui rappelle notamment que dans le cadre de la direction du service de pédiatrie de l’hôpital des Enfants malades à Paris « il choisissait délibérément des personnes qui puissent faire le pont entre la clinique et la recherche ». Autre personnage clé : Louis Bugnard, qui devient en 1946 le directeur de l’Institut national d’hygiène (INH), créé pendant la guerre. Sa première action consistera en effet à la mise en place d’un « corps de médecins-chercheurs », avec un statut calqué sur celui des membres du CNRS. Puis, Louis Bugnard insista sur l’importance de s’inspirer du modèle américain.

Nombreux sont alors les jeunes médecins envoyés pour un ou deux ans aux Etats-Unis afin de se familiariser avec des techniques nouvelles. Grâce à Robert Debré ou à Louis Bugnard, émerge une nouvelle génération de « cliniciens hospitalo-universitaires ». Les jeunes Jean Bernard, Jean Hamburger ou encore Raoul Kourilsky considèrent alors que l’INH « ne peut soutenir la vraie recherche médicale ». Aussi fondent-ils « l’Association Claude Bernard, destinée à doter les hospitalo-universitaires de laboratoires de recherche installés à proximité de leurs services hospitaliers ». Dès lors, les jours de l’INH semblaient comptés. Sa fin fut précipitée par le vent de rénovation général porté par la naissance de la Vème république, la réforme de l’hôpital et la création des CHU… et enfin sa mauvaise gestion. Ainsi, alors que venait de mourir l’INH, naissait en juillet 1964, l’INSERM.

Une gloire nationale

Ses missions sont multiples. Il doit « tenir le gouvernement informé de l’état sanitaire du pays (…) entreprendre toutes études sur la santé de l’homme et la situation sanitaire du pays, centraliser et mettre à jour toutes informations sur les activités de recherche médicale tant en France qu’à l’étranger, effectuer, susciter, encourager les travaux de recherche médicale ou participer à de tels travaux (…) et assurer la publication de tous travaux et études se rapportant à ses activités ». Fort de ces multiples et importantes missions, l’INSERM ne cessera de prendre de l’ampleur. De 450 chercheurs et 27 unités de recherche lors de sa création en 1964, il passera à 1 640 chercheurs et 224 unités de recherche en 1984 à 2 153 chercheurs et 289 unités aujourd’hui. Chaque période connaîtra ses évolutions majeurs et ses succès incontestables.

Les premières années sont notamment marquées par la découverte du système d’histocomptabilité HLA par Jean Dausset, qui lui permettra d’obtenir le prix Nobel de médecine. C’est également une chercheuse de l’INSERM, Françoise Barré-Sinoussi qui codécouvrira en 1983 le virus du Sida avec Luc Montagnier, un autre exploit qui sera couronné par le Prix Nobel. D’une manière générale, l’INSERM a accompagné toutes les grandes révolutions connues par la recherche biomédicale ces cinquante dernières années, au premier rang desquelles l’importance centrale prise par la génétique.

Aujourd’hui, il concentre son action dans plusieurs domaines, dont la génétique et la recherche sur les maladies rares, l’obésité et les maladies neurodégénératives. Il s’investit également de façon grandissante auprès des malades, grâce à une collaboration accrue avec les associations de patients. L’INSERM est aujourd’hui le premier organisme de recherche biomédicale en Europe et le deuxième au monde. De quoi offrir de larges motifs de satisfaction à une France en proie aux difficultés, au marasme et au doute. Un bilan très positif que certains craignent cependant de voir écorné en raison des objectifs de rigueur. C’est notamment la hantise du

Syndicat national de la recherche scientifique (SNTRS) qui menait hier à la veille du colloque de l’INSERM une réunion sur le risque de précarisation des chercheurs et techniciens.

Ce contenu a été publié dans Actualités, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *