Géothermie: l'université de Strasbourg s'ouvre à la recherche industrielle

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L’Université de Strasbourg a annoncé vendredi la création d’une « chaire universitaire » consacrée à la géothermie profonde, une structure qui devra améliorer la connaissance de cette filière et former des spécialistes.

Source : Le Nouvel Obs / Education

L’université veut ainsi répondre à « une demande (…) des acteurs publics, du CNRS et du monde économique » en explorant cette filière encore mal connue – mais prometteuse – des énergies renouvelables, a indiqué son président Alain Beretz lors d’une conférence de presse.

« On travaille sur une énergie d’avenir, il n’y a qu’à voir le débat sur les évolutions du gaz de schiste », a-t-il commenté.

Le projet, doté de 2,1 millions d’euros sur huit ans, est financé pour l’essentiel par le fournisseur régional Electricité de Strasbourg (ES)-Gaz de Strasbourg. ES a lancé il y a une vingtaine d’années le premier site français d’expérimentation en géothermie profonde à Soultz-sous-Forêt (Bas-Rhin) et dirige un chantier de géothermie destiné à alimenter une usine à Rittershoffen.

La géothermie profonde est une technique industrielle qui vise à capter l’énergie émise par de l’eau chaude à des profondeurs pouvant aller jusqu’à 5.000 mètres, pour la réinjecter en surface.

L’Alsace dispose dans ce domaine d’un potentiel important, avec des réservoirs d’eau à 100 degrés dès 1.000 m de profondeur.

L’Ecole et observatoire des sciences de la Terre (EOST) de Strasbourg, qui forme des géologues et ingénieurs géophysiciens, assurera le volet formation en ouvrant à la rentrée prochaine trois cursus de spécialisation en géothermie profonde sanctionnés par un diplôme universitaire (DU). La filière pourrait notamment tirer bénéfice des disciplines déjà existantes, la géophysique permettant d »‘imaginer des réservoirs, de détecter des failles, de modéliser » et la géologie d' »observer l’évolution des matériaux avec le temps », selon Frédéric Masson, directeur de l’EOST.

Pour ES, l’objectif consiste notamment à poursuivre la « maturation, améliorer les coûts (d’exploitation) et développer une expertise ».

« Quand on fait un trou de 2,5 km il faut avoir une certaine garantie de trouver les ressources », a expliqué Bernard Kempf directeur du développement de l’entreprise. « C’est une filière qui n’est pas encore mature, pour laquelle il faut faire preuve de prudence », a souligné le dirigeant.

« On n’a pas le droit de faire n’importe quoi avec nos sous-sols. On n’est pas dans un domaine où les Géo Trouvetou peuvent avoir leur place », a fait remarquer Monique Jung, vice-présidente de la région Alsace qui soutient financièrement le projet.

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