L'Oncopôle de Toulouse, hôpital et le centre de recherche sur le cancer, voit le jour

logoLes premiers malades arrivent lundi sur l’ex-site AZF. L’hôpital et le centre de recherche sur le cancer ont nécessité un investissement de 1 milliard d’euros.

Source : LesEchos.fr, écrit par Laurent Marcaillou

Le campus est enfin prêt. Dix ans après le lancement du chantier par l’ancien maire et ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, l’Oncopôle de Toulouse a accueilli ses premiers chercheurs et les premiers malades sont attendus à partir de lundi dans les locaux flambant neufs de l’hôpital universitaire du cancer. En juin, ce sera le tour du Centre de recherche en cancérologie (CRCT) qui y est adossé.

Le site de l’usine chimique AZF, qui explosa en 2001, a été transformé en un campus sur le cancer réunissant les soins et la recherche publique et privée. Les laboratoires Pierre Fabre y ont ouvert en 2010 un centre de R&D aux formes futuristes. Les collectivités ont construit en 2009 le centre Pierre Potier, qui réunit une centaine de chercheurs sur des plates-formes de nanotechnologie, d’imagerie et de biologie, et une pépinière d’entreprises hébergeant 6 start-up dont SeleXel, venu de Villejuif pour développer sa technologie d’ARN interférence.

La construction de l’hôpital et du centre de recherche publique a pris plus de temps que prévu. Mettre d’accord tous les acteurs n’a pas été un long fleuve tranquille, au point que l’Etat confia en 2012 une mission à André Syrota et Thierry Philip, présidents de l’Inserm et de l’Institut Curie, pour structurer l’ensemble. Car le nouvel hôpital de 306 lits et de 1.200 salariés est un cas unique. Il réunit un établissement privé, l’Institut Claudius-Regaud, centre de lutte contre le cancer, qui y déménage, et le service d’hématologie du CHU, de droit public. Les statuts des personnels sont différents, les stratégies aussi.« Ce mariage est un modèle en France réunissant un centre anticancer généraliste et le CHU spécialisé par organes », explique Jacques Léglise, directeur du CHU.

Pluridisciplinarité

D’un coût de 300 millions d’euros financé par l’Etat, le nouvel hôpital est spécialisé dans les cancers gynécologiques, du sein, du sang, de la peau et certains sarcomes. Mais il constitue aussi la porte d’entrée des malades pour établir un diagnostic pluridisciplinaire et les orienter. « Ce sera la vaisseau amiral car il est équipé des plates-formes techniques régionales de radiothérapie, de génétique, de biologie moléculaire et du plus gros service d’anatomo-pathologie d’Europe », se félicite Jacques Léglise. Surtout, la mission de l’hôpital est de multiplier les essais cliniques de médicaments en lien étroit avec le centre de recherche en cancérologie de l’Inserm, associé au CNRS et à l’université Paul Sabatier.

Relié à l’hôpital, le centre hébergera 18 équipes de recherche comptant 260 personnes, dont 16 équipes toulousaines et 2 sélectionnées sur appel d’offres, l’une de Nantes et l’autre du Canada, encore en négociation. Chaque année, un appel d’offres doit être lancé pour attirer des chercheurs de niveau international afin d’accueillir 24 équipes. Objectif : se concentrer sur la recherche « translationnelle » du chercheur au lit du malade pour trouver de nouveaux traitements et techniques de diagnostic.

« L’Etat a reconnu la recherche toulousaine dans les investissements d’avenir en octroyant 10 millions d’euros au programme universitaire Captor et 5 millions au laboratoire d’excellence Toulouse Cancer en 2012 », se félicite Jean-Jacques Fournié, directeur du CRCT. Les équipes de recherche ont des contrats de cinq ans et sont cofinancées par des groupes pharmaceutiques et les fondations toulousaines InNabiosanté et RITC. Créée en 2005, InNabiosanté a accordé 7 millions d’euros à 10 équipes et cherche à se refinancer.

L’Oncopôle a nécessité un investissement de 1 milliard d’euros et sa construction se poursuit. En 2016 est prévu le centre de recherche en médecine régénérative de l’Etablissement français du sang, puis une clinique de soins de suite. Mais il reste à renforcer le potentiel industriel. Le coup dur est venu de Sanofi, qui réduit son centre de recherche de 617 à 364 salariés et se désengagera dans cinq ans. Les équipes de Sanofi se réorganisent autour de l’Oncopôle pour y chercher leur survie. Une dizaine d’entreprises travaillent également sur les médicaments du cancer en Midi-Pyrénées. La plus connue est Genticel, qui vient de lever 35 millions d’euros en Bourse pour continuer ses essais cliniques. Et « plusieurs start-up européennes veulent s’implanter sur l’Oncopôle », dit Philippe Prigent, directeur du pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé.

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