Finance solidaire recherche épargnants désespérément

Money growth conceptLes encours d’épargne solidaire ont crû significativement en 2013. Mais pour atteindre les objectifs fixés dans 10 ans, le secteur a besoin d’élargir la base de ses épargnants.

Source : La Tribune, écrit pat Mathias Thépot

Les encours d’épargne solidaire en France augmentent au fil des ans. En 2013, ils ont bondi de 28% par rapport à 2012, pour atteindre 6,02 milliards d’euros à fin décembre. Et comme chaque année, c’est l’épargne salariale qui tire vers le haut les encours globaux d’épargne solidaire : ils se sont établis fin 2013 à 3.7 milliards d’euros, contre 2,6 milliards l’année précédente. L’épargne bancaire, ainsi que l’épargne directement investie dans les entreprises solidaires ont de leur côté progressé plus faiblement de respectivement 1,7 à 1,9 milliard d’euros et de 395 à 430 millions d’euros.

La loi LME soutient l’épargne salariale solidaire

Pourquoi l’épargne salariale représente-elle une part si prépondérante? En grand partie parce qu’elle « bénéficie de loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008, qui impose aux entreprises de proposer au moins un fonds solidaire aux salariés au sein du plan d’épargne d’entreprise« , explique Sophie de Mazery, la directrice du label solidaire Finansol. Ces fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) ne possèdent en fait qu’entre 5% et 10% de leur actif investi dans des entreprises solidaires. Ces dernières sont non cotées, privilégient l’utilité sociale, et n’attendent pas des retours sur capitaux importants. Les 90 à 95% restant sont en revanche investis dans des actifs classiques.

Les financements solidaires sont supérieurs à 1 milliard d’euros

Pour mesurer le réel impact de l’épargne solidaire sur l’économie, il est donc plus pertinent d’observer l’évolution des encours de financement découlant de cette épargne. Ils ont augmenté de 9% en 2013, à 1,016 milliards d’euros en 2013, selon le baromètre Finansol-La Croix publié mardi.

« Un tiers de ces financements sont dirigés vers le logement très social, un tiers vers les entreprises solidaires, un quart vers des projets à haute performance énergétique, et enfin 5% vers le développement d’activité économique dans les pays en développement« , détaille Sophie de Mazery. Des entreprises comme Habitat et Humanisme, le CCFD – Terre Solidaire, France Active, l’Adie ou Terre de liens bénéficient par exemple des financements solidaires.

Séduire une base plus large d’épargnants

Pour accroître encore les financements solidaires, il faudra drainer davantage d’épargne. C’est pourquoi Finansol espère que les encours d’épargne solidaire atteignent 1% de l’épargne nationale dans dix ans, contre 0,2% aujourd’hui. Il faudra pour ce faire séduire au-delà de la base militante des épargnants, tout particulièrement les moins de 30 ans, la catégorie de la population la plus attachée en proportion à l’épargne salariale solidaire selon Finansol.

L’organisation labellisée, qui agit en coulisse pour démocratiser l’épargne solidaire, milite en parallèle pour démocratiser l’épargne solidaire principalement par la création de produits d’assurance vie solidaires. Seul le Crédit Agricole en a lancé un pour l’instant. Finansol est également très attentive au lancement des contrats Vie-génération, nouveau venu dans la famille de l’assurance-vie, dont un tiers des actifs sera investi dans trois types de sous-jacent au choix : PME-ETI, Logement social ou actifs de l’économie sociale et solidaire.

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Une réponse à Finance solidaire recherche épargnants désespérément

  1. Bili dit :

    Ce type de financement peut être une bonne solution pour les épargnants qui désirent apporter leur soutien, projet par projet, à plusieurs entreprises ou associations de solidarité.

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