Au Maroc, des pistes pour réveiller la recherche scientifique

academie_Hassan_ii_mini-c7d35Si le rapport élaboré par l’Académie Hassan II des sciences et techniques a mis l’accent sur les principaux dysfonctionnements du secteur de la recherche scientifique, qui ont été d’ailleurs confirmés lors du dernier séminaire sur le sujet, il n’empêche qu’il a également indiqué des remèdes pour soigner ce système.

Source : L’Economiste.fr, écrit par M.A.M

En effet, «pour asseoir la recherche scientifique du Maroc sur un socle pérenne répondant aux normes internationales de qualité, l’action des pouvoirs publics doit se faire autour d’une série d’axes, qui sont les clés de la relance de ce secteur», peut-on lire dans ce rapport. Concrètement, il s’agit d’activer les leviers de «la formation et de la mobilisation des cadres, la dynamisation du système national de la recherche, en plus du développement de l’enseignement des sciences et techniques».

Dans le détail, les experts de l’Académie Hassan II estiment que «la formation des cadres constitue une priorité, nécessitant la prise de décisions urgentes, mais qui s’inscrivent dans une stratégie de long terme». En tête des mesures urgentes, le rapport met l’accent sur la nécessité d’élaborer un plan de formation de plus de 15.000 enseignants et chercheurs à l’horizon 2025. La réforme profonde du statut des enseignants chercheurs a fait l’objet d’une plaidoirie de plusieurs intervenants lors du dernier séminaire organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur sur ce sujet. Ils s’accordaient à dire que c’est une condition essentielle au développement de la R&D. Surtout que  «le statut actuel des enseignants chercheurs ne permet ni un recrutement transparent et crédible, ni une reconnaissance des plus actifs parmi eux, ni des promotions fondées sur la productivité de chacun», selon le rapport de l’Académie Hassan II.

Aujourd’hui, le département de Lahcen Daoudi veut rattraper ce retard. La stratégie 2013-2016 du ministère de l’Enseignement supérieur prévoit un programme de «reconnaissance de la mission de chercheur, et le renforcement de l’activité de cette profession», fait-on savoir. Ce projet, doté d’un budget de 200 millions de DH, devra se déployer à travers «la révision du statut de base des enseignants du supérieur, parallèlement à l’élaboration d’un autre texte sur l’étudiant chercheur et le post-doctorant». A cela s’ajoutent «des incitations financières pour le développement des publications scientifiques et des projets menés avec le secteur privé».

Les rédacteurs du rapport de l’Académie Hassan II insistent également sur l’importance de la «dynamisation du système national de la recherche». Il s’agit de lui «conférer une plus grande cohérence et efficience». L’idée est aussi «d’accroître les complémentarités entre les structures de recherche», est-il noté. Sur ce point, le plan d’action du département de l’Enseignement supérieur prévoit un budget de 250 millions de DH pour «la réactualisation de la stratégie nationale de la recherche scientifique et technologique». Il s’agit de donner vie à la commission ministérielle permanente chargée de la recherche scientifique, ainsi que l’annonce d’appels à candidatures pour le financement de projets de recherche dans des domaines prioritaires. C’est le cas notamment pour les énergies renouvelables, l’industrie aéronautique, les technologies de pointe… Le ministère de tutelle compte également renforcer le financement de la recherche.

Le plan d’action de ce département annonce un budget de 2 milliards de DH pour augmenter le financement public de la recherche pour atteindre 1% du PIB. L’idée est aussi d’inciter le secteur privé au financement de la recherche, à travers des «provisions R&D».

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