Un moratoire sur les regroupements universitaires ?

693-enseignement-superieur-publicPlusieurs syndicats de l’Enseignement supérieur réclament au gouvernement un «moratoire» sur les regroupements universitaires. Des regroupements dont ils contestent la rapidité et les contenus.

Source : Sciences Blog Libération, écrit par Sylvestre Huet

Ces syndicats sont certes nombreux et majoritaires ensemble aux élections universitaires et dans les organismes de recherche: FSU (SNESUP, SNCS, SNEP, SNASUB, SNETAP) – CGT (SNTRS, CGT INRA) – FO (SNPREES – Sup’Autonome) –Solidaires (Sud Education – Sud Recherche EPST) – Sup’Recherche UNSA – SNPTES. L’absence de la CFDT est à noter.

Cet appel à un moratoire rejoint celui lancé par des universitaires qui se sont mobilisés en marge des syndicats. Et il a peu de chance d’être entendu du gouvernement qui veut pousser les feux de cette réorganisation sous la forme de COMUE (Communauté inter-académique d’universités et d’établissements). Surtout qu’il est soutenu dans cette action par nombre de présidents d’Université et par la direction actuelle de la Conférence des présidents d’universités (CPU). Sauf s’il est appuyé par des votes en conseils d’administration, ou des actions plus spectaculaires des personnels.

Voici ce texte :

 » REGROUPEMENTS À MARCHE FORCÉE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET LA RECHERCHE : REVENIR SUR LA LOI ET OBTENIR UN MORATOIRE D’UN AN. »

Les universités sont engagées dans une course folle aux regroupements, qui génère une forte concurrence, contraire à la notion même de service public. Déjà l’exemple des universités fusionnées montre les impacts négatifs des fusions sur les conditions de travail et d’études ainsi que la vie démocratique. Les COMUE pourraient voir leurs compétences étendues, sans consultation des établissements partenaires. Certains projets engagent les organismes de recherche, comme le CNRS, l’INSERM et l’INRA, en figurant dans les statuts comme membres fondateurs de certaines COMUE. L’enseignement supérieur privé est partie prenante de certains projets de COMUE, lui donnant des droits accrus en matière de délivrance des diplômes et de participation aux Ecoles doctorales. Quant aux projets d’associations, ils seraient conditionnés à un contrat de site et à des financements passant par un seul établissement pour le site.

Ces regroupements précipités ne prennent pas en compte les intérêts des personnels, les objectifs de réussite des étudiants et de développement des missions du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Cette conception des regroupements est à l’opposé des coopérations, tant nationales qu’internationales, qui sont le ferment même des activités de formation et de recherche.

Associée à pression des difficultés budgétaires et à la perspective de l’appel à projets du programme d’investissement d’avenir 2 (PIA2), elle exacerbe les tensions dans les établissements et entre eux. Les déstabilisations ainsi provoquées placent le service public d’enseignement supérieur et de recherche en situation difficile pour répondre aux enjeux majeurs de formation et de recherche liés à la politique scientifique du pays et pour satisfaire les besoins sociétaux.

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