Une société d’une complexité sans précédent mais des sciences délaissées

sciences_en_marche_294x300L’enseignement supérieur et la recherche (ESR) sont dans une crise profonde. Pourtant notre société, de plus en plus complexe, n’a jamais tant eu besoin de nos capacités de compréhension, d’analyse, de conseil et d’innovation. Alors que la crise économique actuelle devrait conduire à un soutien renforcé à l’ESR, les responsables politiques s’en servent pour justifier le déclin qu’ils nous imposent, résultat de leur inculture scientifique et de leur incapacité à appréhender des enjeux complexes.

Source : Sciences en marche 

Dans les labos, les départements, la situation devient intenable. Beaucoup de chercheurs n’ont plus les moyens de travailler efficacement. La généralisation des CDDs à court terme, alliée à la faiblesse des débouchés industriels dans de nombreuses disciplines, détourne les jeunes des formations et des métiers de la recherche. Or il faut de nombreuses années pour former à l’esprit et à la méthode scientifiques. La situation actuelle est lourde de conséquences à long terme, que ce soit sur nos métiers, sur la production de connaissances, sur l’activité économique du pays dans un contexte international très compétitif et plus largement, sur la culture démocratique qu’entretient l’esprit critique développé par la recherche.

Trois mesures sont nécessaires pour inverser la tendance : 1) mettre en œuvre un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi statutaire à tous les niveaux de l’ESR, 2) renforcer les crédits de base des laboratoires et des universités, 3) Reconnaitre le doctorat dans les conventions collectives. Faciliter l’emploi des docteurs, et la diffusion de la culture scientifique, dans les entreprises et la haute fonction publique.

Ces mesures font consensus dans la communauté scientifique. Une profonde redéfinition du contour, des missions et des conditions d’attribution de l’inefficace Crédit Impôt Recherche (CIR), permettrait de les financer (une petite fraction du CIR = des milliers d’emplois dans l’ESR). Cette réforme doit se faire en concertation avec les entreprises innovantes.

Il est temps pour nous, acteurs de la recherche, de nous mobiliser et d’obtenir les moyens de remplir pleinement notre mission Pour nous faire entendre du gouvernement, nous devons convaincre le public que l’ESR joue un rôle important à la fois dans l’activité économique et dans la réflexion politique de notre pays. Il doit être soutenu. Cette action pédagogique, à destination du grand public, doit s’inscrire dans la durée. Il faut donner à nos concitoyens le temps de comprendre pourquoi nous réagissons. La mobilisation doit rassembler universitaires, chercheurs du public et du privé, et entreprises innovantes.

Les chemins de Paris, à vélo et à pied

Nous proposons l’organisation d’une grande marche convergeant sur Paris à l’occasion de la fête de la science, du 27 septembre au 19 octobre 2014. Elle impliquera chaque laboratoire et université, chacun participant à la mesure de ses possibilités.

Concrètement, le trajet se fera principalement en vélo sur des chemins convergents en flux, les dernières étapes à pied pour faciliter la participation du public et une entrée remarquée dans Paris. Chaque étape aura lieu, dans la mesure du possible, dans une ville universitaire et sera associée à des points presse, des conférences grand public, des animations scientifiques permettant d’expliquer notre travail et notre rôle dans la société. Les animations de la fête de la science assureront la présence du public, dont la mobilisation pourra être renforcée au travers des réseaux sociaux.

Enfin, il est important que le public se sente aussi acteur du mouvement, en venant sur le passage des relayeurs, mais aussi en participant à l’organisation logistique du mouvement, par solidarité. Cela peut par exemple inclure l’hébergement et le convoyage de relayeurs/euses, le port de badge ou vêtements à notre logo, etc…

Comment participer ?

Plusieurs niveaux de participation sont possibles. Nous serons nombreux à rouler ou marcher, un jour, une semaine ou plus. Chacun peut aussi participer à l’organisation de l’évènement, par exemple en constituant des comités locaux d’organisation dans chaque étape. Pour présenter une argumentation solide lors des débats, il faudra aussi collecter et analyser les chiffres de l’état et de la contribution de l’ESR à l’activité économique en France. Et peutêtre aussi réaliser de courtes vidéos pour illustrer la contribution à la société de toutes les sciences fondamentales, appliquées et industrielles, et pour montrer la réalité des métiers de la recherche. Laissons éclater notre imagination, suggérons des actions, et tous ensemble nous aurons des ailes

Vous pourrez vous inscrire à partir du lundi 23 juin sur le site www.sciencesenmarche.org, et nous suivre sur Twitter (@SciencesEnMarche) et Facebook (www.facebook.com/SciencesEnMarche). Vous pouvez aussi nous contacter directement par mail

Le comité d’organisation de Sciences en Marche à Montpellier : Solange Desagher, Frédérique Brockly, Olivier Coux, Guillaume Bossis, Laurent Villegier, Patrick Lemaire, Stéphan Mora.

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2 réponses à Une société d’une complexité sans précédent mais des sciences délaissées

  1. iffresblog dit :

    La crise de la recherche est une des résultantes de notre crise sociétale, dont la crise économique n’est qu’un sous produit. Une crise économique est avant tout une crise de confiance et sans confiance pas de progrès ni de partages. Une de nos première difficulté est le cloisonnement et l’ethnocentrisme de chaque « tribus » qui compose notre société, chaque groupe est d’accord avec lui même mais quand est il du reste du monde? Les trois mesures proposées sont nécessaires et vitales, mais elles ignorent un contingent de contraintes économiques, notre État est en faillite. Il ne faut donc pas chercher de ressources dans le financement par l’État.

    Christian Jean Directeur de Recherche & Innovation Finoxia

  2. iffresblog dit :

    L’entreprise est en demande d’innovation car sa survie en dépend, elle a aussi besoin de comprendre dans un monde qui a chamboulé tous ses repères. La science et la recherche ont aujourd’hui plus que jamais leur place dans l’entreprise, faudrait il encore de part et d’autre réformer sa vision de l’autre et rétablir une confiance commune. Une manifestations ou une gréve n’ont de sens que par leurs capacités d’entraves, la science n’entrave que le futur et nos politiques autistes ne sont payés électoralement que sur le présent médiatique. Lançons un grand mouvement vers l’entreprise et le citoyen : réinventons le projet, la relation et les moyens de la recherche.

    Christian Jean Directeur de Recherche & Innovation Finoxia

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