Geneviève Fioraso : "On ne va pas construire notre politique pour monter dans le classement de Shanghai ! "

téléchargement (9)La secrétaire d’Etat à la recherche et l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, ne veut se laisser dicter sa conduite par le classement de Shanghai.

Source : Les Echos, par Marie-Christine Corbier

Quelles leçons tirez-vous du classement de Shanghai 2014 ?

La France est d’une constance absolue. Les universités françaises résistent bien à celles des pays émergents, alors même que ce classement – calqué sur le système anglo-saxon, avec des universités de recherche prestigieuses et très sélectives – ne nous est pas favorable. En France, nous avons des universités de recherche qu’on retrouve d’ailleurs parmi les cent premières universités mondiales du classement, comme l’université Pierre-et-Marie Curie (Paris VI), l’Ecole nationale supérieure (ENS), l’université de Strasbourg et l’université Paris Sud. Chacune d’entre elles occupe grosso modo la même place que l’an dernier, voire fait un peu mieux. Mais ce ne sont pas des universités sélectives. Vu le nombre d’étudiants qu’elles accueillent, elles partent avec un handicap dans le classement de Shanghai.

Les regroupements universitaires en cours vont-ils faire progresser la France dans le classement  ?

Un des bénéfices collatéraux devrait être d’avoir davantage de regroupements universitaires français dans le classement. Mais ce n’est pas l’objectif en soi. On ne va pas construire notre politique pour monter dans le classement de Shanghai ! Le but, c’est de faire en sorte que notre recherche reste excellente. Et le rôle des regroupements est d’avoir des partenariats de grande qualité qui tirent la France vers le haut. Comme, par exemple, le partenariat de l’université d’Auvergne avec le CERN (l’organisation européenne pour la recherche nucléaire) qui lui permet cette année de faire de nouveau son entrée dans le classement de Shanghai. Je fais le pari aussi que Polytechnique, intégrée à l’université de Paris Saclay, aura davantage de recherche et sera donc mieux positionnée dans le classement de Shanghai. Celui-ci est un indicateur parmi d’autres. Ce qui importe, ce sont les faits et la qualité de la recherche. Or, la France reste une grande nation scientifique et la recherche fondamentale va bien. Regardez la prouesse scientifique de Rosetta, le lancement de l’A.T.V. 5 par Ariane ou encore la médaille Fields du franco-brésilien Artur Avila ! Il faut assurer la constance de cette qualité, et notamment celle de la recherche fondamentale. C’est le sens des arbitrages que nous avons faits en prévoyant que 50 % des 7,7 milliards d’euros du budget du Secrétariat d’Etat soient consacrés au financement de la recherche publique. Il faut préserver cet équilibre.

La montée en puissance de la Chine dans le classement vous inquiète-t-elle  ?

Non, c’est un mouvement naturel dont il faut tirer parti en développant les coopérations scientifiques avec la Chine. Et plus on aura d’étudiants chinois en France dans les domaines technologiques, mieux ce sera pour les coopérations futures.

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