Mécénat de compétences : c'est le management intermédiaire qui bloque

La toute première enquête sur le transfert bénévole de compétences réalisée par Admical et Pro Bono Lab, recense les freins à sa mise en oeuvre en France. Parmi ceux-ci, les services RH…

Source lesechos.fr

Sur quelque 3,5 millions d’entreprises en France recensées par l’Insee, seules 24.000 proposent du mécénat de compétences. La première enquête sur le sujet, menée par Admical et Pro Bono Lab, tente d’expliquer pourquoi ces entreprises sont peu nombreuses. Au nombre des obstacles identifiés, le manque de temps des collaborateurs face à un projet jugé non prioritaire pour le business, ainsi que les réticences des responsables RH et les contraintes administratives et juridiques (défiscalisation du don).

Comment lever ces freins ? « En rappelant sans relâche que c’est une occasion rare de reconnaître enfin le savoir-faire de certains collaborateurs », plaide Marianne Eshet, déléguée générale de la Fondation SNCF. « Après avoir embarqué les RH ainsi que le président, Guillaume Pepy, il nous reste à convaincre les managers de proximité. Je compte beaucoup sur les directeurs de région et de branche qui sont objectivés sur le sociétal pour faire passer le message. » L’entreprise a tout formalisé par écrit : jusqu’à 10 jours de temps de travail par an mobilisables pour ces bonnes actions. A condition d’obtenir l’aval du N + 1.

Une majorité de cadres

Chez Schneider Electric, en revanche, nul ne contrôle le temps des « délégués ». Nommés officiellement par le management pour deux ans, ils sont libres de leur organisation. Leur seule contrainte est de transmettre le flambeau : « Cela permet de maintenir le réseau et de créer une émulation », détaille Patricia Benchenna, directrice des programmes de la Fondation Schneider Electric. Parmi la quarantaine de volontaires en France, une écrasante majorité de cadres, pour lesquels la gestion de l’absence est plus facile. « Le défi est de toucher davantage d’agents de maîtrise et d’exécution », reconnaît Marianne Eshet.

Autre stratégie, Monoprix a laissé se propager le buzz : « Après avoir réussi à décrocher l’engagement de quelques-uns, dont le directeur financier, ce sont les conversations à la machine à café qui ont finalement propagé le principe en interne », s’enthousiasme Karine Viel, déléguée générale de la Fondation Monoprix.

« Les expérimentations convaincantes, à dose homéopathique, sont une bonne méthode », approuve Denis Bouchard, chef de mission mécénat de compétences à la Fondation EDF qui ne possède pas encore de politique arrêtée. « Le plus difficile est de faire passer le courant entre les différentes strates. Bizarrement, la sphère RH est la plus hermétique », remarque à son tour Denis Bouchard. « Pour que cela fonctionne, le soutien du dirigeant est clef », conclut-il, rejoignant en cela les conclusions de l’enquête Admical-Pro Bono Lab

 

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