#Université : #Fioraso rouvre le débat sur la hausse des droits d’inscription des #étudiants étrangers

Les étudiants étrangers devraient payer plus pour entrer dans nos universités, dit le prix Nobel Jean Tirole. « Rien n’est tabou », abonde la ministre de l’Enseignement supérieur.

Source lesechos.fr

Faut-il faire payer davantage les étudiants étrangers lorsqu’ils viennent faire leurs études dans les universités françaises ? La question s’est reposée ce mercredi lors d’un déjeuner au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, où l’invité d’honneur était Jean Tirole. Interrogé sur le sujet,

le tout nouveau prix Nobel d’économie de la prestigieuse Toulouse School of Economics (TSE) a estimé que « les droits d’entrée sont très faibles en France, ce qui pose un problème budgétaire ». Evoquant les nombreux étudiants étrangers qui fréquentent cette école rattachée à l’université de Toulouse-I avec des droits d’entrée de 190 euros en licence et de 300 euros en master, Jean Tirole a jugé qu’« on subventionne (ainsi) le monde entier, avec parfois des effets nocifs ».

« Un signal de mauvaise qualité »

Loin d’esquiver la question, pourtant délicate, la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et la Recherche a « remercié » le prix Nobel d’avoir remis ce sujet sur la table. « Rien n’est tabou, on peut en parler, a indiqué Geneviève Fioraso. Les droits d’inscription en France sont quasiment gratuits. Les augmenter de 10 à 15 % ne servirait à rien. […] Les Asiatiques qui viennent chez nous, et qu’on veut accueillir de plus en plus nombreux, ainsi que tous les jeunes des pays émergents, pourraient payer des droits différenciés, parce que leurs familles n’ont pas contribué à l’effort collectif. » Autrement dit, à l’impôt. La question s’était déjà posée en 2013, avant qu’un arbitrage interministériel ne referme le débat lors de l’arrivée de Benoît Hamon comme ministre de l’Education. La question n’est pas à l’agenda officiel du gouvernement, mais certains n’excluent pas qu’elle ressurgisse, au vu des difficultés de financement des universités.

Pour le directeur de TSE, Christian Gollier, les droits d’inscription sont aussi « un signal de mauvaise qualité » pour des étudiants étrangers qui doivent choisir entre l’un des vingt meilleurs départements d’économie au monde – 190 euros d’un côté, contre 30.000 dollars ailleurs. Le président de l’université Toulouse-I, Bruno Sire, renchérit : « Les étudiants chinois pensent qu’à ce prix-là, ils n’auront pas les bons professeurs et ils préfèrent payer pour aller à Londres, destination pour laquelle ils ont de toute façon une bourse ».

Le « pire », pour Christian Gollier, c’est que les grandes universités américaines ne veulent pas faire d’échange avec Toulouse : «  Imaginez un étudiant qui a payé 40.000 dollars par an pour aller dans une université américaine et qui veut passer une année à TSE où c’est gratuit… Il se fait avoir ! On marche sur la tête ! Il faut changer cela ! »

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