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Ce mercredi 28 janvier 2015, Najat Vallaud-Belkacem est venue s’adresser au Conseil national éducation économie (CNEE). Créée en octobre 2013, cette structure a pour fonction d’animer une réflexion sur l’articulation entre le système éducatif et les besoins du monde économique, ainsi qu’un dialogue permanent entre leurs représentants sur la relation entre l’éducation, l’économie et l’emploi. Des représentants des entreprises, des employeurs, des salariés, ou encore des enseignants siègent au CNEE.

Source: Savoir.actualitte.com

 A la suite des événements dramatiques qui ont touché la France au début du mois de janvier, la ministre de l’Education nationale a souhaité marquer des attentes fortes dans les liens qu’il faut construire entre l’école et l’entreprise.

« Nous avons besoin du monde professionnel, à trois niveaux.

D’abord parce qu’il est le reflet, comme l’école, de la diversité sociale et culturelle de la société ; un lieu du « vivre ensemble » où s’applique, comme ailleurs, les valeurs de la République. Les périodes de stage, de formation en milieu professionnel ou d’apprentissage sont donc aussi des moments d’acquisition de repères citoyens.

Les tuteurs ou maîtres d’apprentissage partagent eux aussi la responsabilité d’accompagner les jeunes dans leur développement citoyen. Et ils y parviendront bien évidemment plus efficacement si un dialogue autour de ces questions existe, de manière permanente, entre l’École et eux.

Nous avons ensuite besoin du monde professionnel pour résorber les inégalités et lutter contre le déterminisme social qui peut créer, chez certains jeunes, un sentiment d’injustice. Car l’injustice est un terreau propice, ensuite, à des formes de repli sur soi qui peuvent mettre en danger les jeunes, voire mettre en péril la vie collective lorsqu’il s’agit de pratiques de radicalisation. Certains jeunes, en raison du lieu où ils résident, de leur environnement ou de leur origine familiale peinent à acquérir les repères sociaux qui leur permettent de sortir de leur cadre d’origine et d’échapper ainsi à une forme de déterminisme social.

D’autres jeunes peuvent avoir des difficultés à accéder à un stage parce qu’ils n’ont pas les codes sociaux ou l’assurance nécessaires, ou parce qu’ils s’autocensurent. Dans le cadre de la grande mobilisation de l’École, nous venons de décider d’augmenter les fonds sociaux de 20%. Nous avons, depuis deux ans, réformé l’éducation prioritaire et l’allocation des moyens aux établissements pour mieux prendre en compte les critères sociaux, nous avons renforcé les moyens des territoires les plus fragiles. Voilà pour ce que fait l’École.

[…] Aujourd’hui, c’est vers ces entreprises que je me tourne car nous avons besoin d’elles, aussi, pour accueillir les élèves en stage ou en période de formation en milieu professionnel, pour développer le mécénat de compétences.

Nous allons constituer dès ce printemps, dans chaque académie et sous l’autorité des Recteurs, une réserve citoyenne d’appui pour mobiliser l’ensemble des citoyens désireux d’apporter leur concours aux missions de l’école : bénévoles associatifs, grands témoins, simples citoyens. Cette réserve peut être un cadre approprié pour développer le mécénat de compétences et j’invite vraiment très largement les professionnels du monde de l’entreprise à se manifester.

J’ajouterai que les entreprises ont aussi un rôle à jouer pour lutter contre les discriminations. C’est un sujet que j’ai porté avec énergie lorsque j’étais ministre de la Ville. J’avais lancé un groupe de travail qui se poursuit aujourd’hui sous l’égide de Patrick Kanner, pour mieux identifier les moyens de lutter contre les discriminations et notamment dans le monde du travail. Dire que les entreprises doivent participer à la lutte contre les discriminations ne revient pas à dire que le monde de l’entreprise est en soi discriminant.

Mais le monde du travail n’est pas non plus différent de la société qui l’entoure. Il y a des discriminations à l’école et nous mettons en place les mesures nécessaires pour les faire disparaître. Il y a des discriminations dans le monde professionnel et il appartient aux entreprises de les faire disparaître. Comment parler de respect des valeurs de la République, en effet ; comment parler d’égalité à un élève, si c’est à l’opposé de ce qu’il vit au quotidien pour travailler ou accéder à un stage ? »

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