Transfert de technologies : les #SATT trouvent leur place

L’état vient d’annoncer un nouveau volet de financement de 104 millions d’euros pour les cinq premières sociétés d’accélération de transfert de technologies afin de poursuivre leur développement. Preuve que ces sociétés se font peu à peu une place dans le paysage éclaté du transfert de technologies. Point d’étape avec Olivier Fréneaux, président de l’association des SATT.

Toulouse Tech Transfer, société d'acceleration de transfert de technologies en Midi Pyrénées

Source: www.letudiant.fr

Olivier Fréneaux, président du réseau des SATT et de la SATT Sud-EstTrois ans après leur lancement, quel bilan tirez-vous du programme SATT (Sociétés d’accélération de transfert de technologie) au sein des investissements d’avenir ?

À ce jour, 14 SATT ont été créées, mais nous ne commençons à avoir du recul que sur les cinq premières, lancées il y a trois ans. Elles ont notamment pour mission de multiplier le nombre de développements technologiques issus de laboratoires publics. Et le résultat est au rendez-vous : 700 brevets ont déjà été déposés, sachant qu’on peut s’attendre, à terme, à un rythme de croisière de l’ordre de 600 dépôts de brevets par an. Ce qui a donné lieu – pour une dizaine de SATT, les autres étant encore en phase de démarrage – à l’initiation de 150 projets de maturation technologique, soit environ 100 millions d’euros engagés sur les 856 programmés sur dix ans. Ce qui correspond à un effort financier sans précédent, très largement supérieur à ce qui était consenti par les fonds publics avant le lancement de ces sociétés. En outre, 180 licences d’exploitation de ces technologies ont déjà été mises au point et signées avec des entreprises. Parmi celles-ci : une soixantaine de start-up créées suite à un accompagnement des SATT.

L’investissement consenti par l’État semble considérable au regard des difficultés financières rencontrées par les universités…

Il ne faut pas se méprendre : d’une part, ramené au budget de la recherche, le fonds destiné aux SATT est très faible, et par ailleurs ce sont des budgets qui ne sont pas de même nature. Lorsque les laboratoires sont évalués sur leur activité de recherche, les SATT seront jaugées en fonction des emplois créés dans leur sillage. C’est d’ailleurs ce que soulignent les députés Patrick Hetzel et Alain Claeys dans leur rapport parlementaire d’évaluation du premier Programme d’investissements d’avenir.

Justement, avez-vous commencé à évaluer les retombées en matière d’emploi ?

Non, il est trop tôt pour en parler. Il faut rappeler que les cycles de R&D peuvent être très longs : jusqu’à dix ans dans le domaine pharmaceutique. Les indicateurs économiques ne seront pertinents que d’ici cinq ou six ans. En particulier, nous suivrons de près l’implication des fonds publics dans les start-up au travers de la BPI [Banque publique d’investissement] ou du Fonds national d’amorçage. Doté de 600 millions d’euros, ce dernier est décliné dans chaque région.

Ramené au budget de la recherche, le fonds destiné aux SATT est très faible.

À la création des SATT, beaucoup d’acteurs du transfert de technologies ont craint une forme de concurrence. Qu’en est-il quelques années plus tard ?

En théorie, il n’y a pas de concurrence. Néanmoins, c’est aujourd’hui une préoccupation du Commissariat général à l’investissement de mettre en cohérence les outils des Investissements d’avenir qui ont, peu ou prou, un volet concernant la valorisation de la recherche : Labex, Equipex, Idex, IRT, IHU, SATT… Un processus global a été entamé qui amène chacun de ces acteurs à se rencontrer afin de bien définir qui fait quoi, et supprimer les éventuelles zones de recouvrement. Exemple : les fonds Idex et Labex ne devront pas financer ce qui relève des SATT. Ces sociétés prennent le relais lorsqu’il y a valorisation.

À l’avenir, l’un des enjeux est aussi de savoir comment nous développerons nos relations avec les acteurs positionnés sur la recherche partenariale, notamment les instituts Carnot, qui font partie de nos membres. Les SATT peuvent notamment aider les Carnot à mieux protéger la propriété intellectuelle.

Vu sous un autre angle, il y a aussi un interfaçage naturel des SATT avec les autres acteurs du transfert, tout simplement en termes de sous-traitance. Ainsi, les CRITT, les instituts Carnot ou certains acteurs privés peuvent réaliser tout ou partie des projets de maturation technologique. Dans ce contexte, l’État nous identifie comme acteur principal de la propriété intellectuelle de technologies publiques, excepté France Brevets qui intervient en aval pour créer et valoriser des grappes de brevets.

Quels sont les objectifs des SATT en termes de formation ?

Elles ont une mission de sensibilisation des étudiants à la valorisation et au transfert de technologies. À la demande des établissements, elles peuvent intervenir en master ou en doctorat, mais cela reste assez faible. Plus globalement, il y a du chemin à faire, mais l’initiative du CNRS, qui a lancé en 2014 la formation de ses nouveaux recrutés à la valorisation de la recherche, donne un exemple que pourraient suivre les établissements d’enseignement supérieur.

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