[Entretien] #Frédéric Grosjean, #Fondation de l’#institut Pasteur

[ENTRETIEN] Frédéric Grosjean, fondation de l'Institut Pasteur

L’Institut Pasteur est une fondation qui a pour mission de contribuer à la prévention et au traitement des maladies – en priorité infectieuses – et ce via la recherche, l’enseignement, et des actions de santé publique. L’Institut Pasteur a été fondé en 1887. Les sources de mécénat de cette grande fondation sont multiples. Un quart du budget provient de la générosité du public (dons et legs) et des produits du patrimoine. Le reste des revenus est généré par les activités propres (brevets, licences, etc.) et un apport de l’État. Frédéric Grosjean est en charge des legs et de la gestion du patrimoine immobilier de l’institution.

Source : www.carenews.com 

Quel parcours vous a mené à être le responsable des legs et de la gestion du patrimoine immobilier à lInstitut Pasteur ?

J’ai réalisé toute ma carrière au sein de l’Institut Pasteur où je suis arrivé en 1989. Après des études de droit doublées d’une école de notariat puis de deux masters j’ai postulé pour entrer dans cette fondation qui, comme toutes les grandes fondations a un service dédié aux legs et à la gestion du patrimoine immobilier. Celui-ci compte aujourd’hui sept personnes toutes spécialisées en droit notarial. Nous gérons pour le compte de la fondation les legs provenant de France ou de l’étranger (17 pays en tout comme les Etats-Unis, l’Argentine ou la République de Centrafrique), 120 nouveaux arrivant chaque année. Ceux-ci pèsent 20% du budget de l’Institut Pasteur et ont représenté 45 millions d’euros sur les cinq dernières années. Quand il s’agit de biens immobiliers ne sont gardés que ceux les mieux placés pour être loués, ils ont contribué au budget pour 7 à 8 millions d’euros sur les cinq dernières années. Au total les revenus issus de legs et locations immobilières pèsent près de 30% du budget de l’Institut Pasteur contre 25% pour les subventions étatiques, le reste provenant des redevances industrielles générées par les découvertes de l’Institut ayant une application commerciale.

 

Quelles sont les actions mises en oeuvre pour accroitre lintérêt des donateurs potentiels ?

Les grands testateurs qui peuvent devenir prescripteurs sont invités à visiter nos laboratoires totalement dédiés à la recherche médicale tournée vers la santé publique (maladies infectieuses essentiellement) permettant de trouver des vaccins. Nous disposons de 130 unités de recherche dans lesquelles travaillent 2 800 personnes dont la moitié de chercheurs issus de 60 pays différents. Depuis une dizaine d’années nous organisons une collecte de dons le Pasteurdon à laquelle sont associés tous les médias. En tant qu’acteur majeur de la collecte de dons nous avons aussi lancé les Assises de la Philanthropie, une manifestation qui rassemble tous les acteurs de la générosité. Initiées en 2009 et renouvelées en 2011, 2013, 2015 elles ont rassemblé 550 personnes le 31 mars dernier sur le thème des « nouveaux visages de la philanthropie » à l’auditorium de l’Institut Pasteur.

 

Comment voyez vous la philanthropie évoluer ?

L’environnement a beaucoup changé depuis une dizaine d’années avec la loi Aillagon de 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations puis celle de 2005 portant sur les fonds de dotation. Le nombre d’acteurs de l’intérêt général s’est considérablement développé et s’est de plus ouvert à l’international. Nous avons à l’Institut Pasteur une bonne cinquantaine de successions provenant de l’étranger. Le cadre fiscal a lui aussi beaucoup évolué et fait apparaître de nouveaux outils comme la donation temporaire d’usufruit ou la donation posthume en faveur d’une institution. L’aspect fiscal n’est pas étranger aux motivations de la philanthropie et la déduction de l’ISF de 75% du montant du don à une fondation est un atout indéniable.

Du côté de la nouvelle philanthropie il semble que les microdons et le crowdfunding soient voués à un bel avenir mais pour l’instant ils sont encore réservés à des collectes mineures. Nous y viendrons sûrement. Notons aussi l’apparition des social impact bond permettant le financement d’une opération d’intérêt général (comme la réinsertion) remboursé par l’État en cas de succès. Enfin se développent aussi les fondations actionnaires qui ont le contrôle d’une entreprise et influencent leurs actions mais utilisent aussi les revenus de leurs titres pour des opérations d’intérêt général. C’est le cas pour Ikea, Lego, Rolex, Pierre Fabre, Victorinox ou la Montagne.

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