Un concept fumeux de ” #Chaire d’Économie Sociétale ” à #Sciences Po Aix, illustration de la #dérive affairiste

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Plusieurs Universités ont développé des chaires d’Économie Sociale et Solidaire, développée conjointement avec des acteurs de l’ESS. Outre Marne la Vallée, ce sont Clermont-Ferrand, la Corse, Le Mans, Lyon Paris CNAM, Reims et la chaire régionale Nord Pas de Calais. Elles sont présentées dans le guide de l’ESS de la Conférence des Présidents d’Universités (voir  L’offre de formation des Universités en matière d’ESS accessible) en cours de finalisation, et accessible dès à présent en version électronique provisoire en cliquant ici 

Source : alternatives-economiques.fr

Il est aussi des projets que nous nous permettrons de qualifier de “fumeux “, comme celui de chaire d’”Économie Sociétale” qu’avait élaboré l’IEP d’Aix en Provence dans sa quête aux affaires juteuses qui l’avait conduit à vendre des diplômes dans le monde entier avant que les excès n’imposent la démission du directeur/businessman  Christian Duval et le retour à une gestion dans les normes d’une institution publique, accusée par quatre enseignants démissionnaires de conduire une stratégie qui transformait cet « établissement public prestigieux en sous-Business School dans laquelle des intérêts privés s’immiscent de plus en plus ».

Le compte rendu du conseil d’administration du 5 juillet (tenu durant le festival !) de cette institution universitaire, présidé par Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International, dont le prestige a servi de paravent à des dérives qui se sont produites sous son égide, éclaire le projet.

“Monsieur Duval précise que l’institut souhaite lancer un projet de chaire sur les innovations économiques et sociales intitulée : chaire d’économie sociétale. Quatre grands axes pourraient structurer cette chaire : un parcours de formation sous forme de certificats, une veille internationale sur les meilleures pratique de l’économie sociétale, un programme de rencontres annuelles (« I love RSE ») et de l’analyse, de l’expertise générant des publications voire des thèmes de thèse à financer”.

Monsieur Salord [qui participe au conseil comme président de l’association des diplômés, et est aussi président du conseil d’administration régional du Crédit Coopératif] explique que l’économie sociale et solidaire vient de trouver un statut législatif qui concerne la spécificité de ce secteur. Celui-ci se structure autour des chambres de l’économie sociale qui sont entrain de se fédérer. Le projet de chaire souhaite élargir le champ de la réflexion autour des questions sociétales qui irriguent tous les secteurs. Il a donc paru utile d’agréger aux thèmes de l’économie sociale et solidaire un ensemble de  problématiques liées à la durabilité, à la RSE, à l’’insertion… L’idée de la chaire est de regrouper notre université de rattachement, comme dans Sciences Po, tous les gens qui s’intéressent à l’ensemble de ces domaines. Des universitaires, des chercheurs, des entrepreneurs et des responsables d’associations ou d’organismes ont déjà donné leur accord pour réfléchir à la création et au développement de cette chaire. Le financement sera assuré en partie par le groupement Solimut qui regroupe une douzaine de mutualités du Sud de la France et par toute une série de financements participatifs en cours de négociation.

Difficile de faire plus fort dans la confusion entre une ESS légalement définie et des concepts au flou avéré ! Au point queMonsieur Dehaze[Président du groupe ADECCO France, leader mondial pour le travail intérimaire] observe que l’approche sociétale est aujourd’hui fondamentale pour toutes les entreprises. Il est utile que cette approche sociétale soit économique et qu’on y aborde les questions de handicap, de réinsertion, d’innovation sociale… Il propose donc d’organiser des rencontres entre les représentants de l’Institut et de son groupe pour aider à mieux définir ces problématiques“. Quand on a besoin d’ADECCO pour définir la problématique de l’ESS !

D’ailleurs un conseil qui a pourtant montré une vigilance bien faible face aux dérives commerciales de son directeur a quand même trouvé le projet bien flou en décidant que “ le projet doit poursuivre son itération

Nouvelle preuve de l’immiction des intérêts privés au sein même de la construction de l’offre de l’école,  bien qu’aucune décision n’ait été prise cela n’empêche pas une entreprise  privée, S03, dont le nom, Société Sociale Solidaire, affiche le projet, faire entrer les structures de l’Économie sociale dans une logique de justification de leur rentabilité sociale, selon des critères qui ne sont en rien ceux qui fondent leur action, de promouvoir cette chaire virtuelle en mettant en ligne un document montrant une confusion soigneusement entretenue entre la Responsabilité Sociale des Entreprises, l’Entrepreneuriat social ou Social business (y compris la micro-finance et la micro-assurance) et les nouvelles approches de l’économie sociale et affichant une participation acquise du Crédit Coopératif , qu’on a connu plus cohérent dans ses engagements au sein d’une ESS définie

Pour compléter l’ambiguïté des pratiques, notons que figurait au sein de ce conseil d’administration, au titre des maitres de conférence, Hervé Estampes. On est un peu surpris de voir le directeur général d’une entreprise importante qui aurait pourtant bien besoin d’une direction mobilisée totalement prendre le temps d’exercer dans une autre institution une fonction assez complète : cours chaque semaine, représentation des collègues dans les instances,  membre du comité stratégique, délégué aux affaires étrangères, chargé d’une délégation/mission pour les affaires financières … En effet l’AFPA dont la situation est loin, d’être loin d’être stabilisée semble mériter une direction qui ne partage son temps et son énergie avec une autre institution située à 700 Kilomètres, avant que la nouvelle direction de Sciences Po Aix, soucieuse de mettre un terme aux pratiques contestables ne mette fin à un cumul guère défendable.

Comme le révèle SUD AFPA, dans un communiqué, le directeur général a de surcroit fait verser une partie, modeste, de la taxe d’apprentissage dont l’AFPA est redevable à Sciences Po Aix, ce qui conduit à une interrogation justifiée sur le fond “  la part attribuable de la taxe d’apprentissage de l’AFPA ne devrait-elle pas être affectée à des établissements le plus en rapport avec sa vocation ? ” et sur le risque de conflit d’intérêt. Nous y reviendrons prochainement.

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