La #Fondation Visio voit plus loin

Composé de trois comités scientifiques bénévoles, la fondation Visio s'est structurée pour intervenir sur trois domaines: la recherche ophtalmologique, des techniques d'amélioration de la sélection des chiens guides d'aveugles, l'informatique et l'électronique au service des déficients visuels.

Créée il y a quatre ans pour accompagner la recherche et autour de la déficience visuelle et promouvoir les moyens d’assistance à la mobilité, la fondation Visio veut accélérer son développement 2015. En soutenant, notamment, des centres ou organismes de recherche à l’étranger.

Source : www.latribune.fr

Recruté en 2004 pour donner de l’élan à l’association « Les chiens guides d’aveugles de l’Ouest », Hans Damm, Directeur général de la fondation Visio créée en 2011, à Bouchemaine, près d’Angers, s’est très vite senti à l’étroit.

« Nous sommes passés de 20 à 50 salariés en dix ans, de 20 à 160 déficients visuels accompagnés, avons construit un nouveau bâtiment, mené des travaux sur la mobilité et l’accessibilité des mal et non-voyants, engagé  un important travail de fidélisation des donateurs dans les programmes de legs, mais ca ne suffisait pas… La structure associative ne nous permettait pas de déployer notre modèle plus largement en France et de le transposer à l’étranger. Et surtout, la forme juridique et les contraintes de l’association nous limitaient dans la gestion de nos collectes et de nos ressources. Il était, par exemple, impossible de lever des fonds de l’ISF

« C’était l’outil idéal pour lever plus de fonds et accélérer le modèle », explique cet ex-dirigeant d’organismes de formation, qui se reconnait des fourmis dans les jambes tous les dix ans. « J’ai horreur de ce qui fonctionne et préfère m’atteler à trouver des solutions », dit-il.

Trois domaines d’intervention

Avec une dotation initiale de 10 millions euros consentis par des donateurs en fin de vie dont seuls les revenus peuvent être utilisés et deux millions d’euros de dotations consomptibles pouvant être alloués à des programmes de recherche, la « solution » retenue, après avoir étudié plusieurs hypothèses de portée nationale, passait par la création d’une fondation d’utilité publique. Instruit par le Ministère de l’intérieur, le projet a été approuvé dans ses missions et son fonctionnement par décret du Premier Ministre en janvier 2011. Hans Damm allait pouvoir élargir son champ de vision.

Composé de trois comités scientifiques bénévoles, la fondation Visio s’est structurée pour intervenir sur trois domaines: la recherche ophtalmologique, des techniques d’amélioration de la sélection des chiens guides d’aveugles, l’informatique et l’électronique au service des déficients visuels.

Une canne blanche laser

Hans Damm, qui a fondé en 2013, la société Visioptronic pour fabriquer et commercialiser cette canne connectée, explique :

« Le plus avancé des programmes concerne la canne blanche électronique. L’inventeur, chercheur au CNRS,  qui travaillait sur un prototype depuis une vingtaine d’années nous a cédé gracieusement les brevets. Nous nous sommes engagés à donner une autre envergure à ce dispositif, qui permet à un aveugle d’être alerté sur les obstacles alentours jusqu’à 15 mètres autour de lui et 2.50 mètres en hauteur grâce à un dispositif optique et des capteurs laser et infrarouge. L’information reçue est alors transformée sous forme de vibrations dans la main de la personne »,

Constituée de 171 composants, son coût s’élève à 5000 euros, formation comprise.  Financé à hauteur de 200.000 euros, les travaux de R&D sont sous-traités au laboratoire Aimée Cotton du CNRS, spécialisé dans la recherche autour de la Lumière. Visioptronic  entend multiplier par quatre sa production de canne blanche électronique pour équiper 200 personnes en 2015, et bien plus encore au regard d’une innovation dont on dit qu’elle serait« la  plus avancée d’un point de vue technologique au niveau mondial. »

Des films synchronisés

Plus largement, la fondation, qui envisage de financer à hauteur de 400.000 euros les programmes liés à l’informatique et l’électronique pourrait soutenir un projet de synchronisation de film, afin que les non voyants n’entendent plus deux bandes sonores (le film et l’audio description), mais une seule, parfaitement synchronisée. « Et peut-être, aussi un système de navigation de plaisance pour aveugle », mentionne Hans Damm.

Parallèlement, Visio s’implique dans programmes de recherches ophtalmologiques (impact de la Neuropathie Optique glaucomateuse, validation d’un simulateur de conduite pour l’évaluation la compensation suite à une atteinte du champ visuel, etc) pour des montants allant de 20.000 à 80.000 euros. L’enveloppe globale atteint 150.000 euros par an.

Le comité scientifique étudie actuellement huit appels d’offres. « Nous tenons surtout à intervenir sur des programmes dont les mises en application interviendront d’ici deux à trois ans », précise-t-il, cherchant à nouer des partenariats avec les écoles de chiens de guides et des centres de recherche ou des universités en Australie, Grande-Bretagne, USA, Allemagne, Suisse…

« On étudie les programmes. C’est un long travail de recensement. Il ne s’agit pas de réinventer l’eau chaude. Mais de cibler des programmes qui pourront nous aider à lutter contre certaines maladies des chiens-guides comme les problèmes visuels concernant certaines races ou la coprophagie, qui provoque du stress et nuit à la qualité de la reproduction « , dit-il.

Le budget alloué à ces programmes représente 150.000 euros par an. Le premier devrait vraisemblablement être décidé en mai prochain.

Des programmes acceptables et compréhensibles

Le financement de ces opérations est rendu possible par la dotation consomptible, utilisée comme fond de roulement par la Fondation. Outre les dons, elle enrichit sa collecte par des opérations de mécénats. Parmi sept opérations proposées, deux ont été signées en début d’année pour 50.000 euros et 100.000 euros. Reconnue d’utilité publique, la fondation est aussi habilitée à collecter l’ISF. Des sommes plafonnées à 50.000 euros qui offrent une réduction d’impôts de 75%.

« Nous veillons à la légitimité des projets scientifiques, et nous assurons que les programmes soutenus entrent bien dans l’objet social de la fondation. Ce que nous finançons doit apporter un réel bienfait à la population des déficients visuel, mais doit aussi être acceptable et compréhensible pour le donateur. Car, je vous assure qu’on ne nous fait pas le chèque au premier rendez-vous », indique le patron de la fondation.

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