#Enseignement supérieur : Démocratisation de l’#enseignement supérieur: un terrible constat d’échec

Président du chapitre écoles de management de la Conférence des grandes écoles et directeur de Grenoble École de Management, Loïck Roche demande un travail en commun pour que l’enseignement supérieur redeviennent une priorité.

Source : etudiant.lefigaro.fr

Hors la massification — le nombre d’étudiants qui suivent des études supérieures — la démocratisation de l’enseignement supérieur est en panne. Les choix des étudiants sont souvent subis. Limités par des sélections officielles ou plus confidentielles quand ils ne sont pas le résultat de tirages au sort. Le taux d’échec des étudiants, particulièrement à l’université, est catastrophique. Près de 50% ne passe pas en deuxième année. Un tiers seulement obtiennent leur licence en trois ans. Le milieu social d’origine, la nature du bac (général, technologique ou professionnel) demeurent prédictifs du niveau d’étude atteint. Que dire de la pauvreté, de la misère même de certains étudiants. Interdits de se loger, de se nourrir tout simplement. Enfin, hors les réseaux dont la plupart des étudiants se trouvent exclus, s’ils ne bénéficient pas d’un vrai support dédié et performant — ce qui demeure l’exception — trouver des stages puis un emploi est difficile.

Terrible constat d’échec! Mal maquillé sur l’autel des attaques de ce qui marche, les classes prépas, les grandes écoles en général (ce qui ne les exonèrent pas de travailler plus encore sur une ouverture égale au plus grand nombre) ; sur ce qui fait fausse-excuse, une mauvaise orientation, une difficulté à s’adapter à un contexte différent de celui du lycée ; sur la disparition du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, puis le non-remplacement immédiat de Geneviève Fioraso suite à son départ.

L’enseignement supérieur en France n’est pas une priorité. Fermez le ban!

Avant de parler démocratisation, il faudrait parler stratégie. Que voulons-nous pour la France? Quelle vision pour notre pays à 5 ans, à 10 ans, à 20 ans? Comprendre, et il y a urgence, que l’enseignement supérieur est au service des générations à venir — des générations créatrices, critiques, communicantes, dont le devoir — comme nous y encourageait déjà Albert Camus — devra être d’empêcher que le monde ne se défasse. Porter les valeurs de la Nation, des valeurs de responsabilité, d’engagement, de tolérance, d’ouverture aux autres.

À l’impasse indigne du nivellement par le bas, des ponctions que le ministère des Finances effectue sur les «fonds de roulement» des établissements d’enseignement supérieur et de recherche — que vaut encore un État qui s’en prend aux capacités d’investissement de l’enseignement supérieur et de la recherche? — de présidents d’université, d’écoles d’ingénieurs… qui, en avril, n’avaient toujours pas la notification de leur dotation budgétaire , nous devons préférer le travail en devenir du nivellement par le haut. Plutôt que de vouloir 50% d’une classe d’âge au niveau licence — ce qui ne veut rien dire en soi — il faut travailler sur le pourquoi. Donnez à la France, à son enseignement supérieur, un «pourquoi», les Français s’accommoderont du «comment».

Ce qu’il faut, c’est vouloir le meilleur. Arrêter de monter les uns contre les autres — traduction tragique d’une impuissance à agir — mais vouloir et pouvoir prendre le meilleur du système universitaire, des classes préparatoires, des grandes écoles, des sections de techniciens supérieurs, des écoles paramédicales, sociales… Prendre le meilleur des technologies et créer, pour de bon, l’enseignement supérieur du futur… Parce que nous ne serons jamais suffisamment ambitieux pour notre enseignement supérieur, mettre en place les conditions d’accessibilité à l’excellence pour tous, réinstaurer une exigence beaucoup plus forte vis-à-vis des étudiants. Ainsi, véritablement respecter les étudiants. Tous les étudiants! Étape non-négociable pour réussir la démocratisation de notre enseignement supérieur ; pierre angulaire avec la recherche de la compétitivité de la France.

 

Ce contenu a été publié dans Actualités, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *