#enseignement supérieur : Permettre aux #entrepreneurs des quartiers de briser le plafond de verre

Permettre entrepreneurs quartiers briser plafond verre

Le financement constitue la principale difficulté pour les porteurs de projet de quartiers prioritaires. La formation précréation et l’accompagnement post-création sont déterminants pour réussir.

Source : www.lesechos.fr

Les entrepreneurs des quartiers prioritaires de la politique de la ville peuvent frapper à de nombreuses portes. « Nous avons identifié, avec le ministère de la Ville, quatre points d’entrée principaux sur tout le territoire : les réseaux BGE, CitéLabs, Planet Adam et Maisons de l’emploi », synthétise Radeda Kerboudj, responsable du Programme entrepreneuriat dans les quartiers à l’Agence pour la création d’entreprises (APCE) et notamment chargé de l’animation du site entreprisesdesquartiers.fr . Celui-ci recense, ville par ville, les nombreux acteurs qui œuvrent dans les quartiers. « Ces entrepreneurs ­connaissent des difficultés pour accéder au crédit, à l’information et l’orientation sur les dispositifs d’aide, à des locaux », reprend Radeda ­Kerboudj.

CitéLabs, dispositif de la Caisse des Dépôts, Planet Adam (Association de détection et d’accompagnement des microentrepreneurs), PlaNet Finance, ont pour mission de détecter les projets et d’orienter les porteurs vers France Active, l’Adie (microcrédit) ou Initiative France, qui se concentrent sur le financement. Acteur important, BGE accompagne les créateurs à toutes les étapes. « En trente-cinq ans d’accompagnement, le réseau BGE a constaté que le taux de concrétisation d’une entreprise est complètement indépendant de l’âge, du sexe, du niveau d’études ou du milieu social. Les potentiels se trouvent partout. Il n’y a pas de déterminisme social, explique Sophie Jalabert, déléguée générale de BGE. Les entrepreneurs qui réussissent jouent un rôle d’ambassadeurs. » Ainsi, le ­concours Talents des cités, organisé depuis douze ans, récompense les meilleurs projets issus des quartiers. « Les habitants de quartier s’appuient sur la solidarité familiale et amicale pour trouver des financements et leurs premiers clients, cela leur donne une vraie force au démarrage du projet », souligne Alexandra Walonislow, directrice déléguée de la Maison de l’emploi et de la formation à Mulhouse, organisatrice du concours Talents des Cités pour l’Alsace.

Sensibilisation précoce

Ces dernières années, les projets repérés par les réseaux dans les quartiers évoluent. Des projets numériques ou à vocation sociale, solidaire et écologique, voient le jour à côté d’idées plus classiques, comme les épiceries de quartier. « Nous accueillons encore beaucoup de propositions dans le service, le négoce ou la restauration, mais en parallèle émergent des idées avec une plus forte dose d’innovation », remarque Michel Coster, directeur de l’incubateur de l’école de commerce EM Lyon et cofondateur de Entrepreneurs dans la ville. Ce programme, monté avec l’association lyonnaise Sport dans la ville, s’adresse aux créateurs des quartiers prioritaires. Depuis 2007, il a permis à 140 porteurs de projet de bénéficier de quatre mois de cours sur l’entrepreneuriat à l’école de commerce lyonnaise. Au total, 85 entreprises ont vu le jour, dont 70 sont encore en activité. « Les jeunes se heurtent encore à la contrainte financière. Nous avons créé un fonds de dotation pour y remédier, qu’il faudrait encore amplifier », ajoute Michel Coster.

Une fois lancé, l’entrepreneur doit continuer à s’appuyer sur des relais. « L’accompagnement post-création est important pour ces entreprises plus fragiles. Autre étape cruciale, la sensibilisation et l’information des plus jeunes, dès le collège et le lycée, pour développer leur ­culture entrepreneuriale », explique Isabelle Chenevez, directrice du Centre de ressources et d’échanges pour le développement social et urbain Rhône-Alpes. Le réseau BGE intervient déjà dans les établissements scolaires et prévoit de renforcer ses actions dans les collèges et lycées des quartiers prioritaires. Une sensibilisation qui s’inscrit dans un mouvement global, qui s’intensifie dans le secondaire et l’enseignement supérieur.

 

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