#Crowdfunding et #Enseignement supérieur: pour la retraite de son directeur, HEC lui offre une chaire.

EXCLUSIF Bernard Ramanantsoa dirige HEC depuis 20 ans. Alors que son départ en retraite est imminent, la Fondation de l’école lance une campagne de crowdfunding pour lui créer une chaire à son nom.

Chaire Bernard Ramanantsoa (c) DR

« Adieu Monsieur le professeur. On ne vous oubliera jamais. Et tout au fond de notre coeur. Ces mots sont écrits à la craie. » Le départ de Bernard Ramanantsoa, directeur d’HEC depuis deux décennies et lui-même diplômé du MBA (1976), laisse ses élèves aussi esseulés que ceux de la complainte d’Hugues Aufray. Mais pour lui prouver qu’ils ne l’oublieront jamais, les étudiants de l’école de commerce vont pouvoir lui offrir un cadeau bien plus impressionnant que les « quelques fleurs » de la chanson: jeudi 11 juin, la Fondation d’HEC a lancé une campagne de crowdfunding visant à financer… une chaire Bernard Ramanantsoa!

Source : www.challenges.fr

Remercier Rama

« Cette chaire est créée dans le but de remercier « Rama » et de lui permettre d’enseigner », peut-on lire en introduction de la page créée par la Fondation sur la plateforme de financement participatif HelloAsso. Avant de diriger l’établissement pendant vingt ans, Bernard Ramanantsoa y a en effet enseigné plus de 15 ans la stratégie et la politique d’entreprise, et reste très attaché au métier de professeur.

Pour l’instant, la campagne a été lancée à huit clos, jeudi 11 juin, lors du « Class gift 2015 », cérémonie où se réunissent, chaque année, les élèves en fin de scolarité. A cette occasion, les futurs actifs, et la communauté HEC présente, sont invités à mettre la main au porte monnaie pour aider l’école à se développer. Mais cette année, le rendez-vous avait une tonalité particulière: il marquait aussi le départ de Bernard Ramanantsoa. Devant sa femme, ses enfants, ses petits-enfants, ainsi que 600 élèves de la promotion 2015 (Grande Ecole, MS, MBA…) et 350 amis d’HEC, professeurs, personnels et anciens élèves des promotions 1995 à 2014, il a prononcé un discours. Le dernier.

Des startupers et des managers

Parmi les premiers donateurs de la chaire, on trouve des élèves d’HEC, des jeunes diplômés tels que Thibault Lanthier, co-fondateur de la start-up MonDocteur. Mais aussi des alumni dont la carrière est déjà bien entamée, comme Coralie Piton, directrice de la stratégie et du livre de la FNAC, et bien sûr, des professeurs à l’image de Bernard Garrette, directeur délégué du MBA ou Patrick Patureau, responsable du sport. A ce jour, plus de 130 personnes ont permis de collecter près de 42.000 euros.

Loin des 150.000 euros visés, mais la campagne n’en est qu’à ses débuts. Elle n’a pas encore été officialisée auprès de la communauté HEC et du grand public. Or, vu la taille du réseau d’alumni (le plus grand pour une business school française, avec 50.000 personnes), il y a fort à parier que les donateurs seront nombreux. « Je crois, enfin je l’espère, que les élèves m’aiment bien », confiait le directeur à Challenges il y a peu. « Il a réussi à faire un quasi consensus », confirme Christophe Labarde. L’ancien directeur général d’HEC Alumni salue l’oeuvre de celui qui a soufflé au Financial Times l’idée d’un classement des Masters in Management, diplôme phare des écoles de commerce françaises, propulsant ces dernières sur la scène mondiale. « Bernard a fait un travail formidable. C’est un professeur de stratégie, et il a eu une stratégie et une vision. Il a agi en parfaite adéquation avec cette vision. Malgré les vicissitudes politiques et économiques, et Dieu sait qu’il y en a eu, il a été jusqu’au bout. Il y a dix ans, il a hérité d’un fleuron national. Aujourd’hui, il transmet un fleuron international ! »

Trouver des sources de financement

Outre le désir de rendre à Bernard Ramanantsoa après tout ce qu’il a donné à l’école, cette campagne présente bien évidemment un enjeu financier stratégique pour HEC. Alors que les universités américaines arrivent à lever de grosses sommes d’argent auprès de leurs anciens élèves, en France, cette culture du « give back » est moins ancrée dans les mentalités. La Fondation HEC s’était certes distinguée en levant 112 millions en 5 ans, du jamais vu dans les écoles de commerce française. Mais une telle opération ne se reproduira pas de sitôt. D’où l’intérêt de tester une nouvelle méthode, à l’aide d’une campagne personnalisée et incarnée. En février, HEC avait déjà annoncé une nouvelle levée de fonds, plus spécifique, sur l’entrepreneuriat. « Nous travaillons sur des campagnes très ciblées », pointe Barbara De Colombe, Directrice Déléguée de la Fondation. « Il faut avoir des projets à taille humaine, très concrets, qui parlent aux gens. Or, avoir humanisé une chaire avec une personne et, qui plus est, Bernard Ramanantsoa, c’est justement très concret. Fin juin, nous allons lancer une autre campagne liée au centre « Society et organization », autour de thèmes sociétaux. »

La problématique du financement sera l’un des chantiers principaux du (ou de la) successeur(se) de Bernard Ramanantsoa. Selon nos informations, deux candidats seraient encore en lice, un(e) Français(e) et un(e) étranger(e) de la London Business School. La nomination devrait être dévoilée dans les semaines à venir.

Ce contenu a été publié dans Actualités, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *