#Mécènat & #Enseignement supérieur : Patrick Drahi, premier mécène de Polytechnique

Ancien élève de la prestigieuse école, le patron d’Altice vient de faire un don de 5 millions d’euros à la Fondation de l’X.

Décidément, on ne parle que de lui… Alors que Martin Bouygues a officiellement résisté, mercredi, à ses milliards, Patrick Drahi, le magnat des télécoms et patron du groupe Altice, s’impose aujourd’hui comme le premier mécène privé de Polytechnique. Avec la coquette somme de 7 millions d’euros, il devance Claude Bébéar.

Source : www.etudiant.lefigaro.fr

Après un don de 2 millions dans le cadre de la première campagne de levée de fonds de l’école, l’homme d’affaires franco-israélien, diplômé de l’X en 1983, s’engage à nouveau, à hauteur de 5 millions. Un investissement fléché vers de l’entrepreneuriat, que l’acquéreur de SFR et actionnaire deLibération, symbolise. Outre la publicité réciproque, l’événement marque une étape dans la stratégie de «fundraising» menée par la Fondation de l’X. Celle-ci entend se rapprocher des pratiques anglo-saxonnes, à commencer par le «naming». «En échange de ce généreux don, nous avons proposé à Patrick Drahi de donner son nom à un bâtiment, que nous inaugurerons à la rentrée 2015», explique Jacques Biot, président de Polytechnique.

Le «Drahi-X Novation Center» regroupera les activités entrepreneuriales de l’école. «La philanthropie obéit à des règles marketing: nous devons proposer une stratégie adaptée aux donateurs et à leurs centres d’intérêts. Ces donateurs ont les mêmes exigences que des clients. Par leurs dons, les anciens valident la stratégie de l’école, poursuit Jacques Biot. Et il est clair que, ces derniers temps, nous avons été tenus de la leur réexpliquer…» Car voilà plus d’un an que l’école est interrogée sur ses ambitions. En septembre, un rapport parlementaire, «L’X dans l’inconnu», rédigé par le député (LR) Philippe Cornut-Gentille, pointait tout à la fois la vocation de l’école militaire en ce XXIe siècle et l’épineux sujet de la «pantoufle» (la question duremboursement de la scolarité pour les élèves ne choisissant pas le service de l’État).

Missionné par Matignon, l’ancien patron d’Air France, Bernard Attali, a récemment remis ses préconisations sur le sujet. Lesquelles vont du recrutement post-bac à la création d’un internat d’excellence en passant par la suppression du classement de sortie. Présent à l’X le 13 juin, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a invité l’école, sur la base du rapport Attali, à «une révision du plan stratégique» d’ici à la fin de l’année.

7 millions d’euros de dons

«Le rapport Attali ouvre des portes que nous n’avions pas ouvertes, faute de moyens», constate Jacques Biot, qui attendra donc de la part de sa tutelle, le ministère de la Défense, une subvention accrue si «ces ambitions» sont confirmées.

Sur un budget annuel de 100 millions, les dons représentent 7 millions d’euros. Menée entre 2008 et 2013, la première campagne a en effet permis de lever 35,2 millions. Concrètement, elle a permis de financer la construction de nouveaux laboratoires, mais aussi d’attirer des enseignants chercheurs de haut niveau, sur un marché concurrentiel où les plus grandes universités américaines et anglaises offrent d’alléchants salaires.

Reste que la Fondation de l’X a encore bien du chemin à parcourir avant d’arriver au niveau d’une université comme Stanford, qui, pour la seule année 2014, a levé 1 milliard de dollars. « La générosité est limitée par la pression fiscale à laquelle notre pays est habitué, souligne Jacques Biot. Parmi les grands donateurs, beaucoup me rappellent qu’ils ont déjà donné à l’État et que l’enseignement supérieur relève de l’État. »

 

 

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