Plus de 30 millions d’euros pour des projets d’avenir

Paris, le mercredi 2 septembre 2015 – On le sait, une nouvelle politique d’investissement public a été lancée en 2010 sous l’appellation « programme d’investissements d’avenir » (également appelée « Grand Emprunt »). La santé et les biotechnologies comptent parmi les axes majeurs de ce programme. Ainsi, un appel à projets « recherche hospitalo-universitaire » a-t-il été lancé à la fin de l’année dernière. Doté de 200 millions d’euros au total, il se proposait de désigner une première série de projets, à l’issue d’une première phase de recrutement ouverte jusqu’en avril 2015. Les vingt-neuf propositions présentées à cette date ont été passées au crible d’un jury international, tandis que l’appel à projets était coordonné par l’Agence nationale de recherche. Enfin, les quatre premier lauréats, qui se partageront 32,5 millions de fonds ont été dévoilés cet été.

Source : Jim par Aurélie Haroche

Et la lumière fut… à bon entendeur !

Trois sont des consortia parisiennes, tandis que la Lorraine accueille le dernier groupe. Les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur qui ont révélé les projets retenus ont précisé que le choix du jury avait été guidé par un souci de diversité tant en ce qui concerne les « champs thérapeutiques » couverts, que les approches privilégiées.

Ainsi, c’est tout d’abord le projet LIGHT4DEAF qui a été sélectionné et qui recevra 9,5 millions d’euros. Ce programme est dédié à la lutte contre le syndrome de Usher et est coordonné par le professeur José-Alain Sahel, directeur de l’Institut de la vision (INSERM/UPMC/CNRS) et Christine Petit, chercheuse à l’Institut Pasteur. La spécificité du projet LIGHT4DEAF est la mobilisation d’une équipe « interdisciplinaire totalement innovante » qui regroupe « chercheurs, spécialistes en ophtalmologie, ORL, neurosciences et sciences humaines ».

Un projet d’envergure

Toujours au sein de l’UMPC, les coordonnateurs du programme CARMMA qui concerne la prise en charge de l’obésité ont également été distingués et bénéficieront d’une dotation de 9 millions d’euros. C’est Karine Clément, directrice de l’institut de cardio-métabolisme et nutrition (ICAN, UPMC/INSERM/APHP) qui mène ce projet dont l’objectif est la mise en place « de nouveaux outils de diagnostic et de prévention, ainsi que de nouvelles voies thérapeutiques sur un problème majeur de santé publique » indique le ministère de la Santé.

Un combat pour demain

Loin de Paris, c’est au sein de l’Université de Lorraine qu’est né le projet FIGHT-HF, dédié à l’insuffisance cardiaque, et également doté de 9 millions d’euros dans le cadre du programme d’investissements d’avenir. Le professeur Patrick Rossignol du Centre d’investigation clinique du CHRU de Nancy porte ce projet qui implique également la mobilisation de la Fédération hospitalo universitaire CARTAGE, le réseau d’excellence national INI-CRCT (Cardiovascular and Renal Clinical Trialists) et la plateforme de recherche académique PARTNERS. Sont également associées à ce programme quatre entreprises de biotechnologie. FIGHT-HF s’est donné pour objectif de « révolutionner la prise en charge des patients atteints d’insuffisance cardiaque », grâce notamment à l’utilisation de biomarqueurs. Surtout, les coordonateurs de ce projet sont convaincus que des applications concrètes peuvent être attendues rapidement, à l’horizon 2020.

De la recherche aux applications

Enfin, le quatrième lauréat de ce premier appel à projets est BIOART-LUNG 2020 qui recevra cinq millions d’euros. Le docteur Olaf Mercier (Centre hospitalier Marie Lannelongue et Laboratoire d’excellence en recherche sur le médicament et l’innovation thérapeutique) porte ce programme en collaboration avec les membres du Département hospitalo-universitaire « Thorax Innovation » (DHU Torino). Il s’agit d’un « consortium multidisciplinaire composé de médecins, chirurgiens, enseignants, biologistes, physiologistes, épidémiologiques, pharmacologues et autres professionnels de santé ». A travers BIOART-LUNG 2020, ces spécialistes se consacrent à la mise au point d’un « dispositif médical implantable utilisant une source d’énergie portable favorisant l’autonomie des patients ». Là encore, les partenariats avec les industriels privés devraient permettre de concrétiser les travaux cliniques et académiques. Car tel est le sens de ces programmes innovants spécialement financés par les pouvoirs publics : « développer les liens entre la recherche fondamentale et ses applications cliniques et industrielles, dans des domaines thérapeutiques variés ».

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