Dix ans et de nouvelles missions pour l’ANR

Créée en 2005 comme agence de financement sur projets, l’Agence nationale de la recherche a depuis ajouté de nombreuses cordes à son arc, dont la gestion d’une grande part des fonds du programme Investissements d’avenir, et bientôt la coordination de l’ensemble des appels à projets en santé des opérateurs publics français.

Source : Pharmaceutiques par Julie Wierzbicki

Nommé il y a un an à la tête de l’Agence nationale de la recherche (ANR) à l’occasion d’une révision de sa gouvernance, Michael Matlosz (en photo) tire un bilan positif de sa première année de mandat en tant que pdg. A l’occasion d’une rencontre organisée pour la presse le 29 septembre dans les locaux de l’agence à Paris, celui-ci a fait le point sur ses activités.
Au-delà de sa mission historique de financement de la recherche sur projets, l’ANR a, au cours de sa décennie d’existence, largement étendu sa gamme d’activités. L’on peut notamment citer la mise en œuvre de la programmation ministérielle, le renforcement de la coopération scientifique internationale, ou encore la gestion des grands programmes d’investissement de l’Etat, en particulier le volet enseignement supérieur et recherche du programme investissements d’avenir (PIA). Cette dernière action, menée par l’ANR depuis 2010, n’est pourtant devenue l’une de ses missions officielles qu’en 2014.
Le même décret a confié à l’ANR la charge « d’analyser l’évolution de l’offre de recherche et de mesurer l’impact des financements alloués par l’agence sur la production scientifique nationale ». « Nous jouissons d’un poste d’observateur unique en France, en voyant passer tout ce que les chercheurs proposent », souligne Michael Matlosz.

Vers un portail unique pour les appels d’offres

Pour ses dix ans, l’ANR a reçu une nouvelle mission : mettre en place un outil de coordination des appels à projets des opérateurs publics dans le domaine de la santé. « Initialement, nos appels à projets étaient tournés vers la recherche amont. Mais l’Etat a estimé qu’il était nécessaire pour les chercheurs de disposer d’une visibilité sur l’ensemble de la chaîne, jusqu’à la clinique », explique Michael Matlosz. L’objectif à terme est d’harmoniser les procédures permettant de répondre aux différents appels  à projets, au travers d’un portail unique, quand bien même l’ANR ne serait pas le financeur.
Le dispositif sera expérimenté dès 2016 sur les appels à projets du Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) et de l’Institut de recherche en santé publique, avant d’être étendu à d’autres appels d’offres. « Pas question d’empiéter sur les prérogatives des autres opérateurs, affirme le pdg de l’agence : notre action vise seulement à professionnaliser la démarche et à la simplifier pour les chercheurs. »

Plus de 13 000 projets financés

L’évaluation et le financement de projets demeurent la principale activité de l’agence, qui y a consacré 414 millions d’euros en 2014. « En France, ce mode de financement ne correspond qu’à 2 % des crédits de la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur, alors qu’il est beaucoup plus développé dans les autres pays de l’OCDE », observe Michael Matlosz.
La contrepartie de cette politique est le taux très faible de réussite aux appels à projets : de l’ordre de 10 %. De quoi générer une importante frustration du côté des chercheurs, que Michael Matlosz dit parfaitement comprendre. « Il est évident que si notre budget nous le permettait, le taux de réussite serait plus élevé, constate-t-il. Nous ne pouvons pas financer tous les excellents projets que nous recevons chaque année… mais nous pouvons affirmer que tous les projets que nous finançons sont excellents. »
Plus de 13 000 projets ont reçu des fonds de l’ANR depuis sa création. Mais pour Michael Matlosz, ce type de financement doit rester minoritaire, afin de préserver « ce qui fait la force du système de recherche français » : la stabilité de ses opérateurs.

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