Les entreprises appelées à investir dans l’enseignement supérieur

Pour Bertrand Monthubert, former l'enseignement supérieur rapporte à l'Etat coûte.

Pour Bertrand Monthubert, former l’enseignement supérieur rapporte à l’Etat coûte.

Les entreprises pourraient apporter 1,2 milliard pour financer l’enseignement supérieur, selon un rapport remis à François Hollande.

Source : Les Echos par Marie-Christine Corbier

Ce n’est pas un rapport de plus sur l’enseignement supérieur mais la définition, en creux, de la future stratégie du gouvernement. Les universitaires Sophie Béjean et Bertrand Monthubert, qui ont piloté le comité sur la stratégie nationale de l’enseignement supérieur – prévu par la loi Fioraso de 2013 -, ont rendu leur rapport au chef de l’Etat ce mardi. Le document a déjà reçu le soutien appuyé de la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, et du secrétaire d’Etat, Thierry Mandon, qui écrivent dans la préface : « Nous sommes particulièrement fiers de présenter cette proposition de stratégie nationale de l’enseignement supérieur […] Il nous appartient maintenant de la partager, de la faire nôtre, d’aller de l’avant, de progresser ensemble. »

Objectif : 60 % de diplômés

Le rapport fait 40 propositions, avec un objectif-phare : « porter à 60 % d’une classe d’âge, contre 42 % aujourd’hui, la proportion de diplômés de l’enseignement supérieur d’ici à 2025 ». L’internationalisation est encouragée, avec un doublement du nombre d’étudiants étrangers. Sans pour autant augmenter leurs droits d’inscription. « Ce ne serait pas une bonne solution, estime Sophie Béjean. L’Allemagne a rejeté cette idée, et la Suède mesure les effets néfastes de sa politique. » La hausse des droits d’inscription des étudiants français, « contraire à notre modèle social », est aussi écartée . Le taux de boursiers doit passer de 36 % à 50 % d’ici à dix ans et l’enseignement supérieur « répondre aux aspirations de la jeunesse ».

Pour le financement, les entreprises « devraient contribuer davantage », soulignent les auteurs. Ils plaident pour une réécriture de la loi sur la formation professionnelle de 2014 qui prévoit que 1 % de la masse salariale des entreprises de plus de 10 salariés soit versée à des organismes collecteurs. La loi doit être « complétée » par une disposition qui permettrait de dédier un quart des fonds de la formation professionnelle vers des formations relevant de l’enseignement supérieur, alors qu’aujourd’hui les entreprises « concentrent leur financement surtout au niveau inférieur au baccalauréat, [ce qui] bénéficie essentiellement à des structures privées ». Les auteurs y voient la possibilité « d’orienter 1,2 milliard vers les établissements d’enseignement supérieur ».

L’Etat s’engagerait en portant au niveau européen un objectif global de dépenses de 2 % du PIB pour l’enseignement supérieur. Et en faisant en sorte d’ « exclure une part de l’investissement public en enseignement supérieur et recherche des calculs sur les déficits publics excessifs, selon Bertrand Monthubert. Former quelqu’un dans l’enseignement supérieur rapporte à l’Etat plus que ça ne lui coûte. Selon les calculs de l’OCDE, le bénéfice net est de 80.000 dollars par personne »

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