Six conseils d’Andrew Molson aux jeunes philanthropes

Les 10 et 11 novembre prochains, Montréal accueillera le « Sommet 2015 sur la culture philanthropique ». À cette occasion, Andrew Molson, président de Res Publica, sera nommé parmi les trois premiers philanthro-ambassadeurs de l’Institut Mallet, aux côtés de Sr Carmelle Landry (Supérieure générale des Sœurs de la Charité de Québec) et de Pierre Métivier (ex-pdg Centraide Québece et Chaudière-Appalache).

Source : Les Affaires

J’ai rencontré Andrew Molson ce matin, afin qu’il me partage sa vision de la philanthropie. J’en ai profité pour lui demander des conseils pour les jeunes entrepreneurs qui connaissent le succès et songent à redonner. On sent émerger une nouvelle génération qui a ses rêves et sa vision de la contribution qu’elle désire apporter à la société.

6 conseils d’Andrew Molson aux jeunes philanthropes

1-Souvenez de vos années de vaches maigres. Rappelez-vous ce dont vous avez manqué. Ce qui vous a rendu la vie difficile au point de vous donner envie d’abandonner. Et cherchez comment vous pourriez faciliter la vie à d’autres pour que, comme vous, ils connaissent le succès. Andrew Molson met les entrepreneurs en garde contre les automatismes. «Un entrepreneur qui a eu la vie difficile sera tenté de soutenir l’entrepreneuriat. Ce n’est pas une mauvaise idée. Mais, avant d’arrêter son choix, il devrait explorer d’autres causes. Et s’il investissait dans l’éducation, par exemple? De nombreux entrepreneurs travaillent très fort, mais ils manquent de formation. Cette lacune leur a rendu la vie difficile. Il n’y a rien de meilleur qu’un entrepreneur qui a eu la chance de recevoir une bonne éducation. Tout comme il n’y a rien de meilleur qu’un athlète éduqué», souligne-t-il.

2-Renseignez-vous. Demandez conseil. Au cours des premières années, un entrepreneur consacre presque tout son temps à son entreprise. Il lui en reste souvent peu pour se tenir au courant du monde qui l’entoure. Le jour où il est prêt à redonner à la société, il doit résister à la tentation d’embrasser la première cause qu’on lui présente. «Prenez votre temps, rencontrez beaucoup de gens de terrain, posez de nombreuses questions pour comprendre l’écosystème et ses défis et identifier là où votre action peut être la plus utile », dit-il.

3-Soyez créatifs… mais pas trop. « À l’ère des médias sociaux, tout le monde veut se faire remarquer. Faire entendre sa voix. Or, l’individu créatif n’est pas nécessairement celui qui rejette tout pour inventer quelque chose de nouveau qu’il croit essentiel et incontournable. C’est plutôt celui qui fait l’inventaire de ce qui est disponible et crée des ponts. Il se demande comme améliorer ce qui existe. Si on veut participer à la communauté, on devrait le faire avec les autres, pas seul de son côté. »

4- Soyez courageux. «Le philanthrope doit poser des questions difficiles. Il stimule la réflexion des organismes qui le sollicitent pour que leur action soit le mieux ciblée possible. Parfois, un organisme conserve plusieurs missions pour multiplier les portes d’entrée de financement. Le philanthrope doit avoir le courage de dire «vous n’êtes pas très doué pour la prestation de ce service, votre concurrent y arrive mieux que vous. Vous devriez lui céder la place. Par contre, vous excellez dans cette activité, vous devriez vous y concentrer.» Il ajoute, «Un philanthrope stratégique fait en sorte que les organismes qui le sollicitent se concentrent sur leur mission. »

5- Soyez rassembleur. Favorisez les partenariats. Andrew Molson cite le cas de Susan McPeak, l’épouse de Charles Sirois, qui a convaincu trois centres de recherche sur le cancer de travailler ensemble.

6- Donnez autrement. «L’argent ne règle pas tout. Parfois, une mise à niveau s’impose avant le financement. Si un organisme vous semble pertinent, mais qu’il rate la cible, vous pouvez offrir votre expertise. Vos employés seront ravis d’aider une OBNL à surmonter certains défis pour mieux aider ses bénéficiaires.» Chaque année, RES PUBLICA offre 6000 heures de bénévolat de compétences à des OBNL.

À bien y penser, les six conseils précédents ne s’appliquent pas qu’aux philanthropes en devenir. Ils s’appliquent à tous ceux et celles qui ont envie que leur action philanthropique ait davantage d’impact. Et que leur vie ait davantage de sens.

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