Taxe d’apprentissage : 60 millions de moins pour les grandes écoles en 2015

La Conférence des grandes écoles et la Cdefi ont sondé 120 grandes écoles. Les écoles d’ingénieurs ont vu leurs recettes baisser de 33%, les écoles de commerce accusent 46% de perte.

Source : Le Figaro Étudiant par Figaro Etudiant

Elles s’y préparaient, mais le résultat est tout de même alarmant. Pour les grandes écoles, la réforme de la taxe d’apprentissage et la baisse de son barème a de réelles conséquences en terme de budget. Pour démontrer la baisse de financement des grandes écoles qui en découle, la Conférence des Grandes Écoles (CGE) et la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) ont mené une enquête en comparant l’évolution entre 2014 et 2015. L’enquête montre une baisse moyenne du barème de 37 % pour l’ensemble des grandes écoles, soit un montant de 60 millions d’euros.

Menée auprès de 120 grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, l’enquête veut montrer que la réforme, que les deux groupements dénonçaient déjà alors qu’elle n’était encore qu’un projet, a des conséquences néfastes sur le financement des écoles. Pour les écoles d’ingénieurs, celles ayant répondu à l’enquête «affichent une perte globale de 17 millions d’euros, soit une baisse moyenne de 33 %» par rapport aux résultats de la collecte 2014, explique le communiqué de la CGE.

Selon la Conférence, cela correspond à une perte de 193 euros par étudiant. «Rapportée à l’ensemble des écoles d’ingénieurs, la baisse peut être estimée à 25 millions d’euros» estime la CGE. Pour les écoles de commerce, la baisse du barème de la taxe d’apprentissage est de 46%, soit une «perte estimée à 30 millions d’euros pour les 32 écoles de management, soit environ 300 euros par étudiant».

Un équilibre financier «en péril»

Dans leur communiqué commun, la CGE et la Cdefi attaquent clairement la réforme contenue dans la loi de la formation professionnelle du 5 mars 2014. «Les nouvelles dispositions […] nuisent profondément aux capacités d’investissement et mettent en péril l’équilibre financier de nombreux établissements», en amputant leur budget d’une «ressource nécessaire pour le développement des formations professionnelles et technologiques».

Ainsi, elle «pénalise le développement de l’apprentissage dans le supérieur.» C’est pourquoi les deux organisations demandent que le gouvernement «se saisisse d’urgence de la question du modèle économique des établissements d’enseignement supérieur et revoie les modalités d’attribution de la part barème.» Pour défendre leur point de vue, elles insistent sur la faisabilité du projet gouvernemental, confirmé par le président de la République François Hollande, «d’amener 60 % d’une classe d’âge à l’enseignement supérieur».

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