Des étudiants de Sciences Po cherchent des mécènes pour sauver la Vierge et l’enfant

Aubin et Zina, avec leurs camarades Sonia et Amine, s'attellent à trouver des mécènes pour sauver la Vierge de Bréa située dans la chapelle de la Miséricorde, cours Saleya, à Nice.

Dans le cadre d’une campagne nationale de préservation du patrimoine, ils veulent faire restaurer une œuvre attribuée à Louis Bréa, abritée dans une chapelle du Vieux-Nice

Source : Nice-Matin par Aurore Harrouis

Dans la pénombre de la sacristie, au fond de la chapelle de la Miséricorde, cours Saleya, Marie a connu des jours meilleurs. La Vierge porte dans ses bras un Jésus au visage craquelé. Souvenir ravageur des longues années passées « les fesses à l’air ».

Car le retable attribué à Louis Bréa, aujourd’hui abrité dans la chapelle niçoise, a été exposé pendant trois siècles aux intempéries, dans une niche, sous un simple auvent, à l’extérieur de l’oratoire que les Pénitents noirs avaient alors rue Sainte-Réparate.

«Le regard de la Vierge, la finesse des traits de son visage sont beaux mais ces dégradations nuisent à l’ensemble», s’émeuvent Zina Akrout, 20 ans, et Aubin Rualt, 18 ans. Pas bigots, les deux étudiants à Sciences Po Menton. Simplement amoureux des arts et du patrimoine. Comme leurs camarades de campus, Sonia Sangiovanni, 20 ans, Amine Hafidi, 20 ans, et la coordinatrice du projet, Eeva Nordstrom, étudiante à Sciences Po Paris.

Histoire pour équipe multiculturelle

Ensemble, ils se sont lancés dans une drôle de chasse aux trésors : la campagne «Le plus grand musée de France» instiguée par l’association «La Sauvegarde de l’art français».

À l’automne dernier, ils ont sillonné la région à la recherche de patrimoine en péril.

Parmi les dizaines d’œuvres repérées -principalement religieuses, des retables menacés de se faire grignoter par des champignons, des Christ en croix, etc.- ils en ont choisi une. À Nice. Coup de foudre pour la Vierge de Miséricorde, propriété actuelle des Pénitents noirs de Nice. Un tableau qui aurait été peint par Louis Bréa, dans les années 1510-1515. Une œuvre ancrée dans son territoire. D’ailleurs, à la droite de la Vierge, un château et une ville apparaissent en fond, qui pourraient être une vue de Nice au XVIe siècle.

Eeva, coordinatrice du projet, retient «la fragilité du globe rempli de nuages tenu par l’enfant Jésus». Mais aussi «l’engagement des propriétaires actuels -une association de croyants et de bienfaisance de Nice- qui essaie de préserver ce patrimoine et a encouragé les étudiants à les soutenir dans sa sauvegarde et sa transmission.»

C’est enfin l’histoire tumultueuse de ce tableau et de son peintre, natif de Nice mais très actif en Italie, qui a décidé la bande d’étudiants. «Elle reflète parfaitement notre équipe multiculturelle composée d’étudiants français, italien, algérien et finlandais et qui se demande toujours s’il faut appeler le peintre Louis ou Ludovico Bréa», ajoutent-ils.

Auprès des mécènes et du public

Combien pour rendre sa splendeur à la Vierge? Des milliers d’euros pour sa restauration. Aujourd’hui, les étudiants battent la campagne, dans les communes ou sur Internet – ils entendent lancer prochainement une campagne de crowdfunding, en quête de deniers pour les restaurer.

Jusqu’au mois de mai, les étudiants démarchent. Appellent les entreprises locales. Toquent aux portes des boîtes. Et sont devenus incollables sur les avantages de la défiscalisation. Pas un chemin de croix, mais une démarche délicate. «On ne désespère pas que de généreux donateurs aient un coup de cœur!» glisse en souriant, Zina.

Le mois prochain, les étudiants organiseront une soirée pour présenter leur projet. Car au-delà des entreprises, c’est aussi et surtout les habitants qu’il faut intéresser à ce patrimoine en péril qui les entoure…

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