Henri de Castries (PDG Axa) : « Nos efforts portent sur les changements climatiques et la data »

Henri de Castries

A l’occasion de la célébration annuelle, le 8 avril 2016, du Fonds Axa pour la Recherche, Henri de Castries, PDG d’Axa, a évoqué le rôle croissant des data et de la science en matière d’appréhension des risques. Et, pour l’assureur, de changement de son modèle économique.

Source : L’Argus de l’Assurance

Une Grand messe ! La structure philanthropique d’Axa vouée au financement de la recherche fondamentale pour mieux comprendre et affronter les risques environnementaux ; ceux pesant  sur la vie humaine et les risques socio-économiques, a réuni les collaborateurs de la compagnie, les chercheurs impliqués, des membres du comité scientifique du Fonds et les partenaires académiques le 8 avril 2016 à Paris.

Cette cérémonie annuelle qui correspond à la date de remise du rapport annuel d’activité du Fonds Axa pour la recherche a été marquée par… le digital ! Une fois de plus, la data s’immisce dans la recherche fondamentale et donne une nouvelle orientation à cette entité de mécénat. En effet, les données mêlées à la science impliquent de renforcer les interactions entre les mondes académiques, scientifiques, médicaux et industriels et ouvre, évidemment, des perspectives réjouissantes aux assureurs. « Nos efforts portent surtout  sur deux sujets : les changements climatiques et la data », a déclaré Henri de Castries, PDG d’Axa, ajoutant qu’il engageait, pour 2016, la somme de 15,6 M€ pour soutenir 44 nouveaux projets au sein d’institutions académiques d’excellence dans 16 pays.

Une nouvelle étape pour le Fonds

Cette nouvelle vague de financement porte donc l’engagement du Fonds Axa à 149 M€ et 492 projets soutenus à date dans 33 pays depuis sa création en 2007. A l’instar des plans stratégiques, la feuille de route de la compagnie s’est dessinée sur 2007-2013, puis 2013-2018 pour une enveloppe financière respective de 100 M€, au final. Si l’éthique de départ reste inchangée à savoir que les scientifiques et les chercheurs restent totalement maîtres et propriétaires de leurs travaux, la collaboration s’intensifie entre les deux partie-prenantes et l’intelligence artificielle s’invite à table.

« Le paysage des risques s’est diversifié et change rapidement, commente Ulrike Decoene, directrice du Fonds Axa pour la recherche. Nous devons inventer de nouvelles manières de travailler avec eux ». Et la successeur de Godefroy de Beauvallet d’ajouter : « Notre but est d’éclairer la connaissance sur les risques pour enrichir le débat public et le dialogue entre les milieux scientifiques, le secteur privé et la société ». Président du bureau scientifique, Thomas Kirkwood, professeur en médecine à l’Université de Newcastle, confirme : « C’est un partenariat industriel unique. Nous sélectionnons les projets s’ils abordent chaque problème majeur de façon innovante, revêtent des potentiels de transformation et utilisent la data ».

Des passerelles entre la recherche et les activités d’Axa

Ensuite, l’équipe de 11 personnes choisit en fonction de l’université, de la personne, du thème et des moyens requis. Le challenge, pour Axa, consiste à l’issue des ces divers travaux, à changer son modèle économique. Membre du bureau scientifique, Véronique Weill, chez Axa, n’en fait pas mystère : « Nous sommes encore au début, mais il y a évidemment des passerelles entre cette recherche que nous finançons et la vraie vie : Il faut convertir ces avancées en services. Les données anonymisées que nous leur fournissons en matière climatique ou de santé aident nos chercheurs. De même que leurs travaux sur la longévité auront des impacts sur la modélisation de nos solutions d’assurance vie. On sait qu’on en bénéficiera concrètement ».

Des projets qui détonnent

Impossible d’énumérer l’ensemble des projets à l’étude. Mais voici deux exemples révélateurs des orientations en cours du Fonds :

. Prédiction du diabète – Professeur Helen Colhoun (Université d’Edimbourg)

Mission : transformer la prédiction des risques du diabète en développant des algorithmes basés sur des dossiers médicaux électroniques. Cela génèrera des avancées pour la médecine prédictive et personnalisée. Et ses résultats serviront de base au développement d’outils numériques dédiés à la prévention prédictive individuelle et collective (des conseils seront livrés au patient grâce à de la data auto-générée, en somme) et pour d’autres maladies chroniques. « Nous pourrons utiliser un échantillon de sang ou d’urine pour identifier des variations génétiques« , explique-t-elle.

.  Sécuriser les données – professeur Antonio Acin (The institute of photonic sciences)

Mission : concevoir une nouvelle forme de cryptographie où la sécurité de l’information est garantie par les lois de la physique quantique. Cela pourrait rendre les piratages actuels impossibles.

A noter que 40% des chercheurs sont des chercheuses et que 35 % des projets financés le sont en France.

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