A Aix et Marseille, fac et entreprises ont leur nouveau terrain d’entente

Aix-Marseille Université et la Chambre de commerce ont signé une convention pour positionner le technosport au cœur de l’écosystème sportif métropolitain. La mise en réseau des entreprises et de l’offre de recherche signe le début d’une alliance de raison et d’intérêts.

Source : La Marseillaise par Catherine Walgenwitz

L’université et le monde de l’entreprise ne sont plus deux blocs antagonistes. Les efforts répétés d’Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université (AMU) pour se rapprocher du monde de l’entreprise n’en sont plus aux balbutiements. Après une tentative de fondation avortée, l’entreprise soutient peu la recherche publique, AMU a réussi à positionner son technosport au coeur de l’écosystème sportif métropolitain. Le premier cluster sport (cluster est un mot anglais qui veut dire bloc en français) a été officiellement créé, après la signature mercredi au siège d’AMU au Pharo d’une convention de partenariat avec le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), Jacques Pfister. La fusion des universités a toujours été citée comme un modèle à suivre pour les défenseurs de la métropole, c’est par le sport, considéré comme un levier de développement économique et d’attractivité de la métropole Aix-Marseille, qu’AMU et CCI ont officialisé leur rapprochement

Très inspiré du mode de gouvernance des universités américaines, Yvon Berland, qui rêve de gagner des places dans le classement des universités de Shanghaï (AMU est classée à la 150e position), ouvre grand les portes du technosport au monde de l’entreprise (TPE, PME, ETI) sur des programmes de recherche et développement dédiés. Il s’agit de favoriser l’innovation inter-filière et de mettre le technosport, unique établissement de ce type en France, en réseau avec les grands comptes positionnés sur le marché. « Le sport est un vrai levier de développement économique et d’attractivité », insiste Yvon Berland, dont l’objectif est de se po sitionner sur le marché du sport. AMU, qui a décroché un Idex, (Initiatives d’excellence) sur les 25 universités sélectionnées en 2011, alors que seules 8 ont été retenues au niveau national, sera dotée d’un financement à vie de 26 millions d’euros par an. Que faire de cette manne, si ce n’est développer des projets mais pas n’importe lesquels.

Un signal donné au patronat

La convention avec la CCI est un signal donné au patronat local. Une incitation à regarder du côté de la recherche et de l’enseignement. D’ailleurs, Jacques Pfister se verrait bien installer ses bureaux au siège du Pharo. Les rencontres pourraient être régulières. Un élu de la CCI siège déjà au conseil d’administration d’AMU. « Les dogmes sont en train de tomber », se réjouit Jacques Pfister. Le technosport référent dans le domaine de l’analyse pluridisciplinaire du mouvement s’intéresse de près au vieillissement de la population. Un marché de niche qui, à terme, pourrait rapporter gros dans une métropole vieillissante.

« Les relations avec l’entreprise et l’université ne sont plus des sujets sensibles », assure Eric Berton, doyen de la faculté des sciences des sports. « L’université est obsédée par le fait que les étudiants puissent trouver un emploi à l’issue de leur formation. » Président de l’antenne innovation et valorisation d’AMU, Eric Berton prédit même que le modèle de cluster pourrait être dupliqué en sciences humaines et sociales. Seul bémol, les candidats au cluster ne se précipitent guère au portillon. Il existe actuellement peu d’entreprises fanion et de PME impliquées sur un secteur pourtant porteur. Les grands événements comme l’Euro 2016, le nouveau stade vélodrome et Marseille capitale européenne du sport parviendront-ils à transformer l’essai ?

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