Hubert Reeves, parrain de l’Agence française de la biodiversité

L'astrophysicien Hubert Reeves, le 27 mai 2016. © ISA HARSIN/SIPA

La réaction d’Hubert Reeves, nommé parrain de la future Agence française de la biodiversité prévue par la loi biodiversité.

Source : Sciences et Avenir

Définitivement adoptée lors d’une quatrième et dernière lecture au Sénat mercredi 20 juillet 2016 et après un parcours pour le moins chaotique, la loi biodiversité, riche de 174 articles, prévoit notamment (et c’est l’une des mesures phares) pour 2017 la création d’une Agence française de la biodiversité (AFB) regroupant 1.200 agents de quatre organismes existants. Sciences et Avenir vous propose de lire la réaction d’Hubert Reeves qui a été nommé parrain de cette Agence. (Sa création avait été promise par François Hollande lors de la campagne de 2012. Dans la vidéo tournée par Sciences et Avenir et présentée ci-dessous, Hubert Reeves explique comment sa fondation « Humanité et biodiversité » a, avec d’autres organisations, précipité la création de cette agence). Pour l’astrophysicien, « l’enjeu est considérable : concilier la préservation de la biodiversité avec les enjeux économiques et sociaux d’une société en crise. Elle offre une belle conception d’une humanité ouverte à la diversité« . « Sachons, tous ensemble, nous impliquer pour la faire vivre » : Hubert Reeves, président d’honneur de « Humanité et biodiversité », s’exprime en ce sens.

Hubert Reeves : « L’Agence si ardemment souhaitée par l’association Humanité et Biodiversité que je présidais sera opérationnelle en janvier 2017. Devenu président d’honneur de l’association, suivant toujours de près son activité, je me réjouis que tant d’efforts par elle déployés aient contribué à ce que, de parrain du projet, je devienne parrain de l’Agence que la loi votée officialise enfin. Merci à la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, à la Secrétaire d’État auprès de la ministre, et à tous les parlementaires qui ont voulu que l’Etat ait donc un grand opérateur à son service pour mieux préserver les processus d’évolution du vivant sur tous les territoires du pays.

Le vote de la loi pour la biodiversité qui permet la naissance officielle de l’Agence fut une étape dans cette permanente obligation de concilier les politiques de court et de long terme. Elle est désormais franchie mais les attentes sont grandes. L’Agence a besoin que des redevances soient affectées à son financement lui permettant, dès maintenant et à l’avenir, une graduelle montée en puissance, salutaire. La biodiversité sauvage et la biodiversité ajoutée par le génie humain sont une richesse. Compte tenu des conséquences, éventuellement très graves, des pertes successives amputant cette richesse, il faut de toute urgence empêcher d’autres dégradations. La dynamique de nos milieux (forêts, zones humides, champs et prairies, …) façonnés par des milliers de générations d’espèces, y compris la nôtre, est le précieux trésor à préserver dans le contexte défavorable du réchauffement climatique.

L’Agence, même si elle n’intègre ni l’ONCFS ni l’ONF, bénéficie de la réunion d’Etablissements dont l’action passée laisse augurer une détermination sans faille pour que la coévolution des humains et de la biodiversité globale se réalise de façon positive. Saluons l’Agence des aires marines protégées (AAMP) pour la réussite des parcs marins, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA) pour son action en faveur de la trame bleue, et son action, si importance de police de la nature, les Parcs nationaux de France (PNF), exemplaires dans la mise en oeuvre du Développement Durable à l’échelle des territoires, et l’Atelier technique des espaces naturels (ATEN), véritable centre de ressources et expert en matière de formation. J’apprécie beaucoup que les Chambres d’agriculture viennent d’affirmer leur soutien à l’Agence comme l’avait déjà fait Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Une disposition de la loi dit que les Régions et l’AFB peuvent créer des agences régionales pour la biodiversité (ARB) : judicieuse innovation pour mener en synergie les politiques pro-biodiversité dans les territoires. Et nul doute que « Humanité et biodiversité » soit prête à accompagner ces dynamiques. La loi parle aussi de mutualisation des missions au niveau départemental, ainsi l’Agence et l’ONCFS sauront faire cela en bonne intelligence.

Chacune des personnes physiques qui œuvre dans l’intérêt général  est consciente des réalités et il n’y a pas trop de monde pour cette œuvre de responsabilité majeure. Accompagner de façon humaine le regroupement de structures préexistantes est un impératif. Et, pour que leur tâche soit accomplie au mieux de nos intérêts collectifs, ce serait un atout supplémentaire de progressivement associer aux équipes déjà regroupées, des personnes à la compétence avérée pour des missions bien pensées, par exemple en direction du grand public. Car il faut toujours associer les gens ! C’est leur destin, celui de leurs descendants qui se joue. »

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Une réponse à Hubert Reeves, parrain de l’Agence française de la biodiversité

  1. Nelly Boutinot dit :

    Le site de l’association reconnue d’utilité publique « Humanité et biodiversité » : http://www.humanite-biodiversite.fr
    C’est un site participatif dédié à la préservation de la biodiversité, à l’enrichissement du patrimoine naturel par recapitalisation…

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