Pour ses 40 ans, le Centre Pompidou reçoit une exceptionnelle donation d’art russe

En quarante ans, Beaubourg a reçu 100 millions de visiteurs grâce à sa pluridisciplinarité. Cette singularité sera accentuée dans l’avenir.

Source : Les Échos par Martine Robert

En quarante ans, Beaubourg a reçu 100 millions de visiteurs grâce à sa pluridisciplinarité. Cette singularité sera accentuée dans l’avenir.

Pour son quarantième anniversaire, le Centre Pompidou reçoit un cadeau d’exception : une donation de 350 oeuvres d’art russe non officiel des années 1950 à nos jours. Et celle-ci ne provient pas d’un unique mécène mais d’une quarantaine de collectionneurs russes. Un projet mené tambour battant, en un an et demi seulement, grâce aux bonnes relations entretenues par Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, avec Olga Sviblova, directrice du Multimedia Art Museum de Moscou. Cette dernière a su convaincre les propriétaires de ces trésors de les offrir à une institution française prestigieuse, pour mieux faire rayonner la scène russe. Et c’est la fondation Vladimir Potanin, donatrice du « Carré Noir » de Malévitch, qui a mis la main à la poche pour acquérir les chaînons manquants de cette rétrospective de quarante ans d’art russe, à l’honneur jusqu’au 27 mars prochain au Centre Pompidou. La valeur de l’ensemble atteint 6 millions d’euros, soit quatre fois plus que le budget d’acquisition annuel de Beaubourg.

Serge Lasvignes, le président des lieux, ne peut que se féliciter du pouvoir d’attraction de son musée, dont la collection de plus de 100.000 oeuvres, se veut toujours plus internationale. « 2016 est une année fabuleuse, avec la donation américaine Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner, riche de 350 oeuvres, au premier semestre, et maintenant cette donation russe ! » se félicite-t-il.

Des évènements dans 40 villes

Mais pour les 40 ans de Beaubourg, ce n’est pas que sur l’international que le patron du Centre Pompidou a décidé de mettre l’accent. De la fin 2016 au début 2018, ce sont pas moins de 50 expositions et 15 spectacles, concerts, performances, qui tourneront dans 40 villes françaises et 75 lieux partenaires : des musées, des centres d’art, des scènes de théâtre ou de festivals… « Nous avons voulu traduire l’influence et l’essaimage du Centre Pompidou partout en France, montrer qu’une grande institution parisienne n’occulte pas les musées en région, bien au contraire. C’est une volonté politique », poursuit Serge Lasvignes.

Cet établissement doté d’une bibliothèque (Bpi), d’un centre de recherche musicale (Ircam), de salles de cinéma, entend mettre en avant aussi sa pluridisciplinarité grâce à laquelle le bâtiment à l’architecture révolutionnaire a reçu plus de 100 millions de visiteurs en quarante ans. Et cette singularité, Serge Lasvignes entend l’intensifier dans l’avenir. « Je veux rapprocher l’art, la science, et la technologie, à travers un nouvel évènement baptisé Mutations Création pour saisir les tendances en architecture et design. Une nouvelle Biennale Cosmopolis autour d’artistes de pays méconnus sera également lancée de même qu’une saison musicale en coproduction avec l’Ircam. Et nous accorderons plus de place à la vie littéraire et intellectuelle », explique celui qui va également créer une école, largement sur le web, pour permettre à tous d’accéder à l’art contemporain.

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