La famille Mulliez dans le viseur de l’administration fiscale

La famille, propriétaire d’Auchan, Decathlon et Kiabi, a vu plusieurs de ses propriétés perquisitionnées en France, en Belgique et au Luxembourg, mardi. L’enquête pour fraude fiscale et blanchiment aurait été ouverte il y a 8 mois, à la suite d’une plainte d’un membre de la famille.

Source: Le Figaro 

Perquisitions en série dans l’une des plus riches familles de France. Une partie du clan Mulliez, les très discrets propriétaires d’Auchan, Decathlon, Leroy-Merlin, Kiabi, Boulanger ou encore Norauto, est dans le collimateur de la justice et du fisc. Suite à une plainte pour fraude fiscale et blanchiment, une enquête aurait été confiée aux juges Gentil et Gastineau ainsi qu’à la juridiction inter-régionale spécialisée de Lille, selon les informations de La Voix du Nord.

Quelques semaines après des visites de la direction générale des impôts, accompagnés de policiers lillois, la brigade financière de la Police Judiciaire lilloise et l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière ont procédé ce mardi à une nouvelle série de perquisitions. Celles-ci ont eu lieu à la fois dans des propriétés de la famille Mulliez en France, au Luxembourg et en Belgique, ainsi que dans une société du groupe, située à Roubaix.

Parmi leurs cibles figure notamment la résidence de Patrick Mulliez, petit-frère du patriarche Gérard Mulliez et lui-même fondateur de Kiabi. Cette résidence est située à Néchin (Belgique), une petite ville à proximité de la frontière française, où résident plusieurs membres de la famille Mulliez et où Gérard Depardieu s’était domicilié pendant quelques années. A l’issue des perquisitions, aucune interpellation n’a été faite, mais des «objets et énormément de documentation ont été saisis», selon le quotidien régional, ce qui «va nécessiter plusieurs semaines de travail».

Les 650 membres de la famille sont réunis dans l’AFM (association de la famille Mulliez), qui détient des participations majoritaires dans toutes les sociétés du groupe, au côté des salariés. Quelques uns d’entre eux sont par ailleurs actionnaires en direct de certaines sociétés. Une partie s’est domiciliée, en toute légalité, en Belgique pour des raisons fiscales, tandis que les autres restent en France. «Cette situation crée parfois des conflits sur le niveau de distribution de dividendes, les résidents français en ayant besoin pour régler leur ISF, explique au Figaro Bertrand Gobin, excellent connaisseur de la galaxie Auchan et patron du site leblogmulliez.com. Mais ils ont toujours privilégié l’intérêt supérieur du groupe et de la famille.» Selon le magazine français Challenges, Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, et sa famille étaient à la tête de la quatrième fortune de France en 2015, avec 23 milliards d’euros.

L’enquête est «ouverte depuis 8 mois» à la suite d’une «plainte d’un membre de la famille Mulliez, a confié un une source judiciaire à l’AFP. Cela ressemble à un règlement de compte. Une pratique étonnante dans cette grande famille catholique du Nord, qui a fait de la discrétion un de ses principes. «Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de de bruit», justifie Gérard Mulliez lors de ses rarissimes prises de parole publiques. En fait, le dossier fiscal pourrait avoir été ouvert dans le cadre de l’évaluation de la fortune d’un des membres de la famille à l’occasion d’un divorce. «Après une procédure de divorce avec une femme de la famille Mulliez, un homme a perdu la direction d’une entreprise de la métropole lilloise dans laquelle les Mulliez ont du poids», explique La Voix du Nord, ce jeudi. N’ayant pas obtenu les indemnités de départ qu’il réclamait, il se serait alors tourné vers la justice pour «vider son sac sur les flux financiers de la galaxie Mulliez».

«Expert en optimisation fiscale, le clan Mulliez a multiplié les holdings intermédiaires en Belgique, aux Pays-Bas ou au Luxembourg, notamment afin d’échapper à la taxation des plus-values sur les cessions de valeurs mobilières, affirme sur son blog Bertrand Gobin, par ailleurs auteur de La face cachée des Mulliez. Jusqu’à présent, ces montages sont restés dans le champ de l’optimisation fiscale et n’ont pas fait l’objet de poursuites. Indépendamment de ces schémas collectifs élaborés par l’AFM et ses bataillons de fiscalistes, certains associés ont fait le choix de l’exil fiscal. Patrick Mulliez, lui, est allé plus loin avec des montages très opaques, en vigueur depuis de nombreuses années. Des montages qui lui permettent de ne payer quasiment aucun impôt et qui ont d’ailleurs été désapprouvés par le conseil de gérance familial.»

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