Solidarité : de nouvelles formes d’engagement citoyen

 

Jacques Malet, président de Recherche et Solidarités, décrypte comment les Français réinventent la générosité, malgré la crise et avec l’aide des réseaux sociaux.

Les Français s’engagent de plus en plus sur des projets concrets, nous explique Jacques Malet, président de Recherche et Solidarités.

Source: le dauphine.com

Quelles sont les nouvelles formes de solidarité ?

On voit émerger de nouvelles formes d’engagement à une vitesse impressionnante. Un nouvel esprit de générosité se développe. Les Français veulent s’engager sur un projet précis plutôt que sur une cause en général. Et partagent aussi bien de l’argent que leurs compétences, par le biais du bénévolat. Pour s’investir, le donateur aime avoir un objectif précis, et savoir que son geste va avoir un impact concret.

Quelle est leur motivation ?

Elle est double : faire du bien aux autres, mais aussi se faire du bien. En aidant les autres, on pense aussi à soi, à son propre équilibre, à son parcours. L’ambiance actuelle joue un rôle. L’actualité, nationale et internationale, est plutôt déprimante. Pour la jeune génération, s’engager répond à un besoin de trouver du sens à ce que l’on fait.

Quelles causes mobilisent ?

L’environnement est en forte croissance. Cette cause séduit surtout les jeunes, par son enjeu et ses formes de mobilisation.

Il reste des valeurs sûres comme le social (avec les réseaux du Secours populaire, catholique, Croix Rouge, Restos du Cœur… très présents dans la proximité). La recherche médicale attire par ailleurs les dons de la génération plus âgée.

Qu’ont changé les réseaux sociaux ?

Internet et les réseaux sociaux raccourcissent le temps entre la réflexion et l’engagement concret. En un clic, on peut donner de l’argent pour un projet coup de cœur ou s’inscrire sur une plate-forme de bénévolat. Avant, quand il fallait rédiger un chèque ou remplir un formulaire d’inscription, on perdait des donateurs entre le moment où ils voulaient s’engager et celui de concrétiser cet engagement.

Cet effet réseaux sociaux est-il au détriment des associations ?

Les Français ne font plus confiance aux partis politiques et aux syndicats mais continuent de croire aux associations.En revanche, il est vrai que se développe tout un mouvement d’actions collectives en dehors de ses structures. Surtout pour les jeunes, qui veulent agir vite sans forcément le poids des statuts, des assemblées générales… Et pour les femmes qui, quand elles arrivent dans le monde associatif, découvrent souvent des structures avec à leur tête des hommes, âgés, qui n’ont pas forcément envie de leur laisser la place. Les jeunes d’ailleurs ne mettent pas forcément le mot bénévolat sur ces actions, mais se disent simplement qu’ils vont agir ensemble pour les autres. Cette forme d’engagement répond à leur besoin de liberté. Un élan très fort existe, une école de la solidarité se construit avec ses voisins, ses copains de fac.

Les dons sont en hausse ?

Oui. Cette année les dons ont augmenté de 4 % par rapport à l’an dernier.

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