Le doute s’installe sur le crowdfunding et ses dérives

Une enquête réalisée par CrowdCheck, le site américain d’information sur les projets soutenus par le crowfunding, a démontré que 40% de ces projets ne respectent pas les règles de vérification et de certification des comptes financiers.

Source: It Social 

Le crowdfunding, le financement participatif, a le vent en poupe. Qu’il s’agisse des investisseurs ou des startups, les projets se multiplient, plus particulièrement aux Etats-Unis où des décrets comme le Jumpstart Our Business Start-ups de 2012 ou le Job Acts, à l’époque salués par le Président Obama, ont permis de contourner les règlementations restrictives du monde de la finance pour ouvrir plus largement les portes du financement aux petits projets.

Aux Etats-Unis, l’idée principale qui accompagne le crowdfunding, c’est d’aider les entreprises qui sont loin de la Silicon Valley à accéder au capital-risque. C’est certes la même démarche qu’en Europe, mais le modèle de l’investissement est plus développé et certainement accessible outre Atlantique, tandis que dans nos contrées les porteurs de projets sont encore trop souvent à la recherche d’un premier financement après les fonds propres et la ‘love money’. C’est pourquoi la diversité des projets financés est plus large en Amérique.

Le revers de la médaille

Mais toute bonne idée a son revers, et les dérives dans les pratiques du crowdfunding se multiplient. Beaucoup de projets lèvent des fonds mais n’aboutissent pas. Des projets qui n’ont rien de startups s’immiscent également dans la boucle. Et des escrocs attirés par l’argent facile montent de plus en plus de projets ‘bidons’.

Il existe pourtant des règles de conformité auxquelles sont soumises les jeunes pousses qui lèvent de l’argent. Or, CrowdCheck a démontré que presque aucune des sociétés qui ont été identifiées comme ayant engagé un processus de crowdfunding se sont montrées pleinement conformes aux règles de base fixées par la SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la Bourse américaine.

Il se trouve que l’abaissement des barrières règlementaires fait que la plupart des entreprises qui font appel au crowdfunding pratiquent peu de contrôle de qualité, et n’entrent pas dans le champ de vérification de la SEC sur le respect des exigences. C’est ainsi que, par exemple, on se retrouve avec environ 40% de toutes les entreprises repérées par CrowdCheck qui n’affichent pas leurs résultats financiers vérifiés ou certifiés, comme cela est requis par les règles.

Le risque est grand…

Cela représente un risque tant pour le secteur que plus généralement pour l’industrie. Le risque étant que la multiplication des dérives ne vienne ruiner les marchés, tout comme la réputation des personnes qui respectent les règles. Et ces dérives touchent les deux parties du modèle. C’est ainsi que des individus s’engagent dans des pratiques que les experts jugent dangereuses.

La solution ? Elle est simple : que les investisseurs en crowdfunding exigent des entreprises qui cherchent à lever des fonds qu’elles respectent un ensemble de normes, et s’assurent qu’elles le font.

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