La science par et pour la gent féminine à l’UNESCO

Devant un public essentiellement féminin, cette édition de la journée internationale des femmes et des filles en science, organisée par l’UNESCO, réflechissait sur la place encore trop peu importante de la gent féminine dans les hauts niveaux des métiers scientifiques.

Women in science

Source: Sciences et Avenir

Pour cette nouvelle édition de la Journée internationale des femmes et des filles de science – organisée par l’UNESCO et ONU-Femmes – l’on commençait par un bilan déjà « trop » bien connu : malgré quelques évolutions, les femmes demeurent encore aujourd’hui sous-représentées à tous les niveaux en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM). Avec un chiffre clé martelé par toutes les intervenantes de cette journée pour le domaine de la recherche : seulement 28% sont des femmes.

28% des chercheurs sont des femmes

Flavia Schlegel, de la direction pour les sciences exactes et naturelles de l’UNESCO, Saniye Gülser Corat, directrice de la division pour l’égalité des genres, ainsi qu’Isabel Marey-Samper, directrice exécutive de la fondation l’Oréal n’auront cessé de souligner que ce chiffre est trop bas. C’est « l’effet ciseaux » selon certaines ou encore le phénomène dit du « tuyau percé » : plus le statut et le niveau de responsabilité augmentent et plus les femmes se font rares. Le schéma ci-dessous illustre qu’elles sont nombreuses à s’inscrire à l’université mais que la plupart sont par la suite absentes des plus hauts niveaux leur permettant de faire carrière dans la recherche.

Le problème du tuyau percé : les femmes restent une minorité parmi les chercheurs dans le monde ©UNESCO

L’une des explications selon Rima Haddad, biologiste, « c’est que les jeunes filles souhaitent le plus souvent se lancer dans les voies de l’humanitaire et du social lorsqu’on leur pose la question. Et à aucun moment, elles n’envisagent spontanément qu’il est possible d’allier ces domaines et les sciences » déplore t-elle. « Ce qui me semble donc important c’est de leur rappeler qu’elles ont une place toute aussi légitime que les hommes dans les sciences en général. Mais aussi qu’elles ont le devoir de s’engager au même titre que les hommes car ces métiers ont besoin de femmes« . Petite touche positive néanmoins : l’analyse de la part des chercheuses selon les régions du monde, révèle quelques exceptions comme la Bolivie et le Venezuela où les femmes sont majoritaires. Près de 63 % des chercheurs sont des chercheuses en Bolivie, soit 2,25 fois plus qu’en France.

Part des chercheuses selon les régions du monde ©UNESCO

Infinités plurielles et casques roses pour la cause des femmes ?

Place ensuite à l’action en mettant en valeur des femmes de la science : Marie-Hélène Le Ny, artiste, a présenté son exposition autour de 145 portraits de scientifiques féminines. Sous forme notamment de panneaux sur les grilles de l’UNESCO le long de l’Avenue Suffren jusqu’au 9 mars 2017, ces infinités plurielles – nom de l’exposition– nous invitent ainsi à  « nous interroger sur la place faite à l’intelligence et aux compétences des femmes – encore malmenées par les idées reçues et les préjugés persistants » selon les termes de leur créatrice. Enfin, dans le but de sensibiliser la gent féminine dès le plus jeune âge à l’ingénierie, tout en atténuant l’image très masculine de ce milieu, un atelier « Think Pink – Hard Hat Challenge », présenté par Hema Vallabh, ingénieure, clôturait cette session. Le principe étant pour des adolescentes entre 13 et 17 ans de… colorier des casques roses fluorescents. Une initiative surprenante lorsque l’on sait que son but est justement… de casser les préjugés liés au genre.

 

Atelier « casques roses » pour faire apprécier l’ingénierie aux filles ©Think Pink – Hard Hat Challenge 

Cette opération maladroite rappelle fortement la campagne publicitaire de la Commission Européenne de juin 2012 pour promouvoir les sciences pour les femmes (ci-dessous) qui avait été rapidement retirée du fait de sa présentation caricaturale. Ainsi, même si l’initiative part d’un bon sentiment, l’atelier coloriage de casques roses n’était sans doute pas la plus brillante des idées pour se désengluer des clichés sexistes.

Spot publicitaire de la Commission Européenne en juin 2012 pour promouvoir les sciences pour les femmes ©Youtube 

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