Spécial RSE-Mécénat : Les Entreprises pour la Cité appellent à encourager l’innovation sociale

Le réseau d’entreprises présente douze propositions visant à faciliter les actions d’économie sociale et solidaire, ainsi qu’à mieux faire connaître les outils existants.

Source: La Croix

Alors que l’économie est le thème central de l’élection présidentielle, le sujet de l’innovation et de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est resté en retrait du débat. Partie de ce constat, le réseau des Entreprises pour la Cité, qui rassemble 270 acteurs économiques, a réuni dans un Livre blanc ses propositions sur ce thème, afin d’interpeller les candidats au scrutin des 23 avril et 7 mai.

La réflexion a commencé en 2016 : des groupes de travail ont réfléchi à des propositions, ensuite soumises en ligne au vote des membres du réseau. Douze d’entre elles ont été retenues, et sont présentées depuis le 20 avril. Objectif : rappeler que nombre d’entreprises s’investissent dans l’économie sociale et solidaire, et que des mesures peuvent encore être prises pour les aider.

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Coordonner les actions

Les Entreprises pour la Cité ont choisi de centrer leurs propositions sur quatre thèmes : l’investissement citoyen et le mécénat, l’éducation, l’emploi, et la diversité. « L’image de l’entreprise est souvent malmenée, on ne la reconnaît pas assez comme créatrice d’innovation sociale, déplore Sylvain Reymond, responsable expertise et investissements citoyens au sein du réseau. Pourtant, ces thèmes commencent à émerger et il y a un vrai intérêt pour les entreprises à mettre en place des actions. Mais les initiatives sont encore hétérogènes et pas toujours coordonnées. »

Actions scolaires

Le livre blanc propose notamment de mettre en place des actions scolaires pour éduquer les plus jeunes au mécénat et à entrepreneuriat social, ou encore d’ouvrir les réductions fiscales sur les donations à davantage d’acteurs de l’économie sociale et solidaire.

« On ne considère pas encore assez souvent les entreprises comme des acteurs d’intérêt général, explique Sylvain Reymond. On peut le voir avec les réductions d’impôts sur les donations pour les causes d’intérêt général : ces réductions ne sont pas encore possibles pour les start-up sociales ou innovantes, le cadre fiscal n’incite pas encore à s’engager dans l’économie sociale et solidaire. »

Des discours plus pédagogues

Plusieurs propositions visent aussi à améliorer l’insertion professionnelle : encourager les partenariats entre les entreprises locales et les académies scolaires, faciliter l’accès au permis de conduire aux personnes en difficulté sur le marché de l’emploi, ou encore améliorer le suivi des apprentis pour éviter les ruptures de périodes d’essai.

Le réseau des Entreprises pour la Cité s’est aussi emparé du sujet de la diversité : renforcer la variété des origines, faciliter le financement des actions handicap, ou mutualiser les négociations sur la diversité grâce à un accord global sur un socle commun de mesures.

Améliorer les outils existants

« Les actions pour la diversité sont très présentes dans les entreprises, alors que dans le même temps, c’est un sujet de plus en plus tabou dans le discours politique, souligne Inès Dauvergne, la responsable diversité du réseau. On a besoin de messages plus clairs et pédagogiques venant de l’État. »

Par exemple, sur le renforcement de la diversité des origines dans les entreprises : « On pense tout de suite à des statistiques ou du fichage ethnique, interdits par la loi. Pourtant, des outils légaux de mesure de la diversité existent, assure Inès Dauvergne. Mais ils sont encore trop peu connus du grand public. On ne demande pas à changer la législation, mais à améliorer les explications sur ces outils pour faire tomber les idées reçues et faciliter la diversité au sein des entreprises. »

Avec ce livre blanc, le réseau des Entreprises pour la Cité espère remettre l’innovation sociale au cœur du débat public. Mais surtout, redonner une image positive de l’entreprise, afin qu’elle ne soit plus considérée comme un simple générateur de profits, mais aussi comme un acteur de société et de développement.

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