Les lauréats des Grands Prix de l’Institut de France

1. Les pays émergents s’emparent de la lutte contre les maladies infectieuses :

Serge Eholié et Xavier Anglaret ont reçu le Prix de la Fondation Christophe Mérieux 2017, doté de 500.000 €. Ils codirigent le Centre de recherche sur les maladies infectieuses et pathologies associées d’Abidjan en Côte-d’Ivoire. Fondée en 1994, l’équipe a été une des rares au monde capables de se mobiliser rapidement pour mener des essais thérapeutiques sur la maladie à Ebola en Guinée lors de l’importante épidémie qui a touché l’Afrique de l’Ouest en 2014. Paludisme, sida, zika… les travaux du centre s’étendent à « toutes les formes de maladies infectieuses à potentiel épidémique menaçant », rappelle l’institut de France. En 23 ans d’activité, 83 études ont été menées, donnant lieu à 438 articles scientifiques ; et 30 jeunes chercheurs y ont conduit leur thèse. Surtout, leurs travaux « ont marqué un tournant dans les recommandations de l’OMS contre les maladies infectieuses » rappelle Alain-Jacques Valleron, membre de l’Académie des sciences en charge de remettre la récompense. En particulier concernant le paludisme et l’utilisation de tests de détection rapide. L’activité du centre a enfin permis la création de deux centres de soins qui suivent plusieurs milliers de personnes chaque année à Abidjan. Ce Grand Prix scientifique a été créé en 2007 par la Fondation Mérieux-Institut de France afin de récompenser et d’encourager la recherche sur les maladies infectieuses dans les pays émergents.

Révolution dans la santé cardiovasculaire :
Depuis 2002, quelque 300.000 personnes ont été sauvées grâce à l’innovation développée par le Pr Alain Cribier, cardiologue au CHU de Rouen. Le lauréat du Grand Prix scientifique 2017 de la Fondation Lefoulon-Delalande est en effet à l’origine d’une technique de cardiologie interventionnelle à destination des patients à haut risque chirurgical : le remplacement des valves aortiques par simple cathéter. Elle est destinée aux patients âgés présentant une contre-indication chirurgicale. Les indications de cette technique dite « TAVI » sont en augmentation constante. Avec l’angioplastie coronarienne, qui permet de déboucher les artères et de maintenir leur ouverture par la pose d’un stent, le TAVI est considéré comme l’innovation la plus importante de ces dernières années en cardiologie sur le plan clinique. Le célèbre cardiologue Alain Carpentier, membre de l’Académie des sciences à l’origine de la prothèse de cœur Carmat a ainsi rendu un hommage appuyé à Alain Cribier lorsqu’il lui a remis son prix.

Ce contenu a été publié dans Recherche, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *