2 pionniers de l’oncogénétique ont été récompensés

Les deux Prix Fondation ARC Léopold Griffuel ont été remis le 30 mai 2017 au Pr Riccardo Dalla-Favera pour son étude des lymphomes et au Pr Richard Marais pour ses travaux sur les mélanomes. Deux personnalités qui ont fait avancer l’oncogénétique.

Créés en 1970, les Prix Fondation ARC Léopold Griffuel sont des prix annuels de recherche prestigieux en cancérologie, attribués par le Conseil d’administration de la Fondation ARC (pour la recherche contre le cancer) sur proposition d’un jury scientifique international. Ils récompensent deux scientifiques dont les travaux ont abouti à une avancée majeure en recherche fondamentale ainsi qu’en recherche translationnelle et clinique, pour un montant de 150.000 euros chacun. Pour cette édition 2017, les lauréats sont respectivementle Pr Riccardo Dalla-Favera et le Pr Richard Marais.

Une cible thérapeutique majeure dans les lymphomes
Le Professeur Riccardo Dalla-Favera a été récompensé pour ses contributions majeures dans la compréhension des causes biologiques du développement des cancers, en particulier des lymphomes, tumeurs du système lymphatique. Ce n’est qu’en 1970 que des chercheurs découvrent que certains gènes (appelés oncogènes) pouvaient favoriser la transformation de cellules saines en cellules cancéreuses. Autrement dit que le cancer avait une origine (en partie seulement) génétique. Le Professeur Dalla-Favera a été l’un des premiers à les identifier et à comprendre leur mécanisme d’action dans certains lymphomes. Cela a ouvert la voie à d’autres travaux de recherche qui établiront ensuite que des « réarrangements » de chromosomes (déplacement de portions d’ADN d’un chromosome sur un autre) étaient responsables de l’activation de ces oncogènes.

Le professeur, directeur de l’Institut de génétique du cancer à l’Université Columbia (New York, États-Unis), a ensuite identifié la plupart des altérations génétiques connues associées aux lymphomes diffus à grandes cellules B (la forme la plus fréquente de lymphomes). Outre l’amélioration des connaissances fondamentales, cela a permis d’identifier une cible thérapeutique majeure prometteuse dans les formes les plus agressives de la maladie.

L’oncogène B-RAF, muté dans 60 % des mélanomes
Le Professeur Richard Marais a quant à lui été primé pour ses travaux pionniers consacrés au système de communication entre les cellules contrôlant certaines fonctions clés comme la division ou la mort cellulaire. Directeur depuis 2012 du Cancer Research UK Manchester Institute, ce chercheur anglais a longuement étudié les mécanismes par lesquels les signaux sont transmis à l’intérieur de la cellule pour moduler son fonctionnement.

Il participe notamment en 2002 à la découverte de l’oncogène B-RAF, dont une mutation est retrouvée dans plus de 60 % des mélanomes, des cancers de la peau agressifs. Des travaux qui ont permis le développement de nouvelles thérapeutiques. Pour faire face aux résistances rencontrées avec les molécules utilisées, le Pr Marais a par la suite lancé un programme de développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients en rechute, en utilisant des combinaisons de thérapies ciblées. Ces nouveaux protocoles font l’objet d’essais cliniques actuellement.

Par ailleurs, en 2014, le Professeur Richard Marais a contribué à faire évoluer les messages de prévention en étudiant le rôle des rayonnements ultra-violets dans le développement des mélanomes.

Source : SCIENCES ET AVENIR

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