Une plateforme de dons pour un hôpital plus humain

Le CHU a créé ce printemps un fonds de dotation. Vingt projets émanant des services font ainsi l’objet d’un appel au financement participatif.

Du mobilier chaleureux dans les salles d’attente, des aquariums virtuels sur le chemin du bloc opératoire, du théâtre thérapeutique en psychiatrie, des mannequins-écoles pour les futurs médecins, de la méditation pour apaiser, des outils connectés pour un suivi de grossesse au plus près… Il suffisait de lancer un appel à projets pour constater que les services du CHU de Tours débordent d’idées pour mieux prendre en charge leurs patients.

Un investissement total de 2 millions d’euros

Au printemps dernier, à l’occasion de l’ouverture du fonds de dotation, plus d’une trentaine de dossiers ont été déposés par les équipes soignantes. Vingt d’entre eux ont été sélectionnés pour être soumis à la générosité du public, sur le modèle du financement participatif. « Le CHU a toujours reçu des dons, mais ils étaient versés et utilisés de manière moins formelle dans les services. L’idée du fonds de dotation est d’être plus transparents », explique Elodie Gaspard, responsable mécénat au CHU de Tours.
Depuis cette année, comme dans de nombreux CHU, un « portail » dédié permet de verser dons (avec réduction fiscale), legs ou mécénat. La spécificité de celui de Tours est cette possibilité d’attribuer directement sa participation au projet de son choix. L’hôpital pédiatrique de Clocheville, le centre de cancérologie Henri-Kaplan ou encore les services de transplantation étaient jusqu’ici les plus grands bénéficiaires des dons des patients ou des mécènes, car les mieux identifiés, et les plus sensibles. L’appel à projets a permis de « donner la parole à des services plus méconnus, moins valorisés aux yeux du grand public », souligne Elodie Gaspard. Les services de psychiatrie, de réanimation, l’ophtalmologie, la gynécologie-obstétrique, la biologie ou encore l’accueil gagnent ainsi en visibilité à travers le catalogue du fonds de dotation.
Allant de moins de 1.000 à plus de 500.000 euros, les vingt projets représentent un investissement total de 2 millions d’euros. « Avec l’idée d’apporter un «  plus  » aux patients, pas de se substituer aux financements des soins par l’État », précise Jacques Portier, président du conseil d’administration du fonds et du Forum des usagers. « Nous savons que certains projets seront financés rapidement car ils touchent à des thématiques auxquelles le public est sensible, mais nous prendrons le temps nécessaire pour que tous soient financés », souligne la responsable mécénat. Les fonds non-fléchés permettront notamment de compléter les budgets des projets les moins populaires.
Des actions de sensibilisation auprès des entreprises (contacts directs ou via la CCI) et du grand public (site Internet, campagne d’affichage) sont lancées. Quelques mois seulement après le lancement officiel du fonds, les premiers retours sont encourageants. « Nous espérons financer plusieurs projets d’ici la fin de cette année », assure Jacques Portier. Un beau cadeau de Noël pour les équipes et leurs patients.

www.chu-tours.fr/mecenat

des projets innovants

MÉDECINE DU FUTUR
Suivi de grossesse connecté. Le service obstétrique propose de permettre le suivi des grossesses pathologiques à domicile au moyen d’objets connectés et d’une plateforme de télésurveillance. Coût estimé : 123.300 euros.
Techniques expérimentales contre le cancer. Le CHU souhaite s’équiper pour lutter contre la carcinose péritonéale, une évolution classique, et mortelle, des cancers digestifs. (Non chiffré)
Radiographie de pointe en pédiatrie. Le système de radiographie EOS délivre des doses de rayons 6 à 30 fois plus basses que les systèmes actuels, ce qui réduit le risque pour les enfants de développer des cellules cancéreuses à l’âge adulte. (550.000 euros)
Hypnose en cardiologie. L’équipe de cardiologie se forme à l’hypnose conversationnelle pour la prévention de la douleur et de l’anxiété chez les patients. L’aquisition de casques « émetteur-récepteur » nouvelle génération, obligatoire en salle de cathétérisme, serait un plus. (2.400 euros)
Analyses biologiques de pointe. Les laboratoires souhaitent investir dans un équipement récent d’analyse à haut débit, le LC-HRMS. (480.000 euros)

POUR UNE HOSPITALISATION PLUS DOUCE

Étendre l’eye-tracking. Cet outil qui permet de piloter une tablette informatique par le regard, grâce à un système infrarouge, est utilisé en médecine intensive-réanimation. Le CHU souhaite le proposer dans tous les services de réanimation. (228.300 euros)
Aide à la réinsertion en psychiatrie. L’équipe de psychiatrie souhaite expérimenter le suivi intensif cadré par la méthode de l’Individual placement and support pour améliorer la réinsertion professionnelle. (5.300 euros)
Le sport pour l’estime de soi. Proposer des activités physiques adaptées pour éviter la sédentarité et renforcer l’estime de soi des patients accueillis en psychiatrie. (4.500 euros)
Un marionnettiste à Clocheville. Conteur marionnettiste, Kristoff Legarf intervient déjà en milieu hospitalier. Son intervention régulière auprès des enfants leur offrirait un moment d’évasion et d’éveil sensoriel. (7.000 euros)
Un baromètre de la qualité de vie. Afin d’améliorer les forces et progrès des patients, le site psychiatrique de la Chevalerie souhaite disposer du logiciel Baromètre. (9.000 euros)
Des activités thérapeutiques. Élaboration d’un programme pour les personnes en situation de handicap psychique pris en charge à l’hôpital de jour. (9.861 euros)

Des activités thérapeutiques. Élaboration d’un programme pour les personnes en situation de handicap psychique pris en charge à l’hôpital de jour. (9.861 euros)

MIEUX VIVRE À L’HÔPITAL
Un décor apaisant avant le bloc. Des plafonds lumineux et un aquarium virtuel pour améliorer l’environnement des salles d’entrée avant les blocs opératoires. (38.000 euros)
Matériel de pointe en ophtalmologie. Le California opto permet notamment une meilleure détection de la DMLA. (130.000 euros)
Accueil des familles en réanimation. Le service de neurochirurgie souhaite créer un espace pour enfant et une salle d’attente apaisante pour les familles des personnes hospitalisées. (15.000 euros)
Une maison des usagers. L’espace usagers, lieu d’accueil et d’échange animé par des associations d’usagers, souhaite s’agrandir à l’hôpital Bretonneau. (100.000 euros)
Une orientation optimale. Pour améliorer l’accueil, le CHU souhaite acquérir des bornes d’appel téléphonique et une « golfette ». (90.000 euros)

FORMATIONS INNOVANTES
Un jeu de société « Plan Blanc ». Ce jeu de plateau imaginé par les urgentistes de Clocheville permettrait aux services de s’entraîner aux scénarios d’un afflux massif de victimes. (890 euros)
La méditation. Le CHU propose de former largement les équipes à cette technique reconnue pour ses bienfaits sur le stress et la relation à l’autre, et d’ouvrir un Espace de silence adapté. (10.400 euros)
La bouche en soins palliatifs. Un « éventail » de formations complet de ces soins souvent oubliés permettrait de diffuser les bonnes pratiques aux équipes concernées. (4.000 euros)
Des mannequins haute-fidélité. Ils permettent aux médecins et soignants de s’exercer en situation quasi réelle aux gestes d’urgences. (200.000 euros)

SOURCE : LA NOUVELLE REPUBLIQUE

 

Ce contenu a été publié dans Actualités, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *