La volonté de responsabilité doit être au cœur de la réflexion stratégique des entreprises

Lors de son discours à l’ONU le 19 septembre dernier, le président Emmanuel Macron a exhorté ses pairs à la responsabilité des organisations et à la concertation entre les nations. Non sans rappeler le Pacte Mondial de 2000 incitant à la responsabilité des entreprises, cela questionne sur les avancées sur le sujet de la responsabilité de l’entreprise aujourd’hui.

Lors de son discours à l’ONU le 19 septembre dernier, le Président Emmanuel Macron a exhorté ses pairs à la responsabilité des organisations et à la concertation entre les nations. Non sans rappeler le Pacte Mondial de 2000 incitant à la responsabilité des entreprises, cela questionne sur les avancés du sujet aujourd’hui.

Cet acte fondateur du lien entre les états et les entreprises instaure un dialogue permanent sur l’impact et la place de l’entreprise dans la société. Ces attentes se sont déclinées en objectifs de développement durable, puis plus opérationnellement en reporting (rapport RSE, aujourd’hui extra-financier).
La notion de responsabilité appliquée à l’entreprise

Un débat s’installe alors sur la légitimité de l’entreprise à répondre à des problématiques d’intérêt général. Lorsque l’on parle de responsabilité de l’entreprise, il est moins question de répondre à des problèmes de société que de compenser, réduire, supprimer les externalités négatives de l’entreprise.

Les premières réflexions de solutions ont buté sur la difficulté d’adresser des sujets comme l’éthique ou les problèmes sociaux. Ainsi que d’en définir des normes et des échelles.

De là est née la théorie des parties prenantes qui semble être une piste satisfaisante pour problématiser la notion de responsabilité de l’entreprise. Cette théorie place l’entreprise au centre d’un environnement dans lequel elle interagit avec un grand nombre de parties prenantes : les états, les ONG, les représentants syndicaux, les actionnaires, les employés.

La responsabilité de l’entreprise pourrait donc être la recherche de la maximisation du profit de l’ensemble de ces acteurs.

Le dialogue, un moyen fondamental

Dans l’optique de maximiser les profits de l’ensemble des parties prenantes, le dialogue apparaît comme un des moyens fondamentaux pour construire un modèle durable et responsable. Par exemple, le dialogue social permet d’accorder les parties prenantes sur l’organisation ou les conditions de travail. Plus précisément, c’est par ce type de moyens démocratiques que l’entreprise peut se construire de façon légitime. Le dialogue permet de comprendre les attentes des différents acteurs afin de trouver un consensus pour maximiser le profit de chacun.

La responsabilité au-delà du reporting, une volonté

La mise en place d’une démarche RSE ne couvre donc pas seulement le lancement d’actions de mécénat ou environnementales décousues. C’est une vraie stratégie qui impacte l’organisation et la culture de l’entreprise, et qui doit être construite par l’ensemble des parties prenantes.

Les textes européens en matière de reporting extra financier ont été transposés en droit national le 19 juillet, imposant de rendre compte des conséquences sociales (diversité, respect des droits de l’homme) et environnementales (impact climatique, développement durable). Au-delà d’une démarche coercitive, cette avancée en matière d’information pourrait être une nouvelle incitation à la volonté propre de l’entreprise à devenir responsable.

Maxime Baduel

1) Pacte Global, https://www.unglobalcompact.org/
2) La RSE, théorie et pratiques, 2e édition, Dunod
3) Ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017, relative à la publication d’informations non financières par certaines grandes entreprises et certains groupes d’entreprises

SOURCE : LES ECHOS

 

Ce contenu a été publié dans Entreprise et mécénat, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *