Un entrepreneur pour enseigner la philanthropie à l’IMD

La fondation Debiopharm finance la nouvelle chaire en philanthropie familiale du professeur Peter Vogel au sein de la business school lausannoise. Portrait.

Autrichien d’origine, Peter Vogel est venu à la philanthropie par l’entrepreneuriat. Parallèlement à l’enseignement de l’entrepreneuriat technologique à l’EPFL, il créé une entreprise à but social – une social enterprise – pour adresser les problèmes de démence chez les personnes âgées. Il partagera désormais son expérience et ses recherches dans le cadre d’une nouvelle chaire de philanthropie familiale démarrée avec cette rentrée à l’IMD et soutenue pour la partie recherche par la Fondation Debiopharm de la famille Mauvernay et pour la partie éducative par l’école elle-même.

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Le social entrepreneurship – autrement dit l’idée d’utiliser les outils de l’entreprise afin de générer du profit non pas pour s’enrichir mais pour durer tout en poursuivant des buts sociaux ou environnementaux – a connu un développement considérable ces dernières années. Le réseau Ashoka d’innovateurs sociaux ou le Skoll Centre de la SAID Business School à Oxford développent, par exemple, ce concept depuis plusieurs années.

Le temps de l’entreprenariat social

Depuis cette rentrée et grâce au support du président de Debiopharm Thierry Mauvernay, l’IMD rejoint ce trend en y ajoutant cependant quelques particularités. «Dans mon expérience de social entrepreneur, j’ai été amené à collaborer avec des entreprises familiales», explique Peter Vogel. «Cela m’a permis de mesurer à  quel point les générations qui héritent de ces entreprises souhaitent avoir un impact.»

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Les «business models» de la philanthropie sont de plus en plus basés sur des critères clairs et des retours visibles. Peter Vogel observe même une forme d’inspiration venue des  start-up et du capital-risque. Dans ce cadre général, le cas de la philanthropie familiale reste cependant spécial. «La philanthropie familiale est aussi un outil d’éducation», poursuit Peter Vogel. «En particulier, les projets peuvent susciter un attachement émotionnel fort à l’entreprise, aider à diffuser les responsabilités et à transmettre un capital social et des valeurs.» Mais la philanthropie familiale a aussi ses propres défis. «Par exemple, les fondations avec des bases familiales étendues sont souvent amenées à définir des objectifs très larges», relève Peter Vogel.

Pour étudier ces questions dans un contexte helvétique et romand qui voit le nombre de fondations croitre de l’ordre de 350 entités par an en Suisse (avec un total de 13172 fondations en 2016), Peter Vogel pourra s’appuyer sur le  réseau d’expertise qu’il a tissé dans ce domaine comme la Business Families Foundation à Montréal et le Cambridge Family Enterprise Group. Et il a aussi le support du  IMD Global Family Business Center, dirigée par  Denise H. Kenyon Rouvinez, elle-même au bénéfice de la chaire Wild Group for Family Business.

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SOURCE: BILAN

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