À l’université, la fondation épaule les étudiants entrepreneurs

La Fondation UPJV va lancer un nouvel appel à candidatures pour épauler les projets d’entreprise et citoyen des étudiants. Les aides peuvent aller de 1000 à 20000 euros.

Étudiant et entrepreneur citoyen. Plus qu’un nouveau statut, c’est un nouvel état d’esprit que la Fondation UPJV entend promouvoir au sein de l’Université de Picardie Jules Verne. Arrivée sur le tard en juin 2015 dans le concert du « fundraising », la fondation de l’UPJV monte doucement en charge.

Pour son premier appel à projet en 2015, elle avait retenu 21 projets pour un montant total de subvention de 80 000 euros, tandis que pour 2016, 15 projets seulement ont été aidés mais pour un total de 90 000 euros. Un troisième appel à projet est imminent pour 2017, doté d’un budget cette fois de 100 000 euros. Les candidatures pourront être déposées entre les 30 juin et 8 novembre prochains, pour une annonce des projets sélectionnés au plus tard le 21 décembre suivant.

Jusqu’à présent, les aides financières se sont échelonnées de 1 000 à 20 000 euros. Avec deux types d’actions privilégiées. La fondation a appuyé des projets liés à la vie étudiante et la citoyenneté, dont une course contre le cancer, une application géolocalisant des activités de loisirs et culturelles (Guid’Am), un tremplin musical, l’apport de produits bio dans les distributeurs automatiques des locaux de l’UPJV, etc.

60 % des 18-29 souhaitent créer leur propre business

Elle s’est engagée également auprès de jeunes entrepreneurs. «  Nous constatons que de plus en plus d’étudiants sont intéressés par l’idée de créer leur entreprise  », s’en dit convaincu Olivier de Baynast, le président de la fondation. Une récente étude d’opinion confirmait que 60 % des 18-29 ans souhaitaient créer leur propre business, lucides quant à leurs chances de dénicher un CDI à la sortie de leur cursus, en dépit d’une employabilité trop souvent sous-évaluée. «  Un chercheur d’université travaille 12 heures par jour. Il est polyglotte. Et sait très bien ce qu’est une compétition internationale  », rappelle ainsi Mohammed Benlahsen, le président de l’UPJV.

Pour l’instant, les sociétés épaulées par la fondation n’ont pas encore vraiment permis de créer de l’emploi. Mais qu’importe. Car l’essentiel est ailleurs. La Fondation n’a pas vocation à remplacer les incubateurs et autres pépinières. «  L’expérience acquise au sein de ces start-up par ces étudiants se veut avant tout formatrice, pour qu’ils soient mieux armés, demain, quand ils créeront d’autres entreprises  », rappelle Olivier de Baynast

À moins que certains projets ne réussissent, sans tarder, à se forger une pérennité économique. Josué Hatil, 27 ans, lui y croit en tout cas. Avec son associé, cet étudiant en master 2 Électronique Électrotechnique et Automatique (EEA), a monté « Tesseract », une start-up spécialisée dans l’adaptation de robots de dévracage pour l’industrie. «  Notre première machine sera prête d’ici la fin de l’année pour les besoins d’un client local. Nous avons reçu 20 000 euros de la fondation. Ce qui nous a permis de réaliser un prototype, sans avoir besoin de faire de concession sur notre idée de départ  », décrit l’étudiant-entrepreneur, soutenu en outre par un Pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITE). «  Notre objectif, c’est de proposer des robots complètement flexibles et moins chers que la concurrence. On se donne un an pour que toutes les PMI connaissent Tesseract !  »

« Je veux aider l’industrie chimique à se tourner vers des pratiques plus vertes »

Axel Malbranque aussi s’estime assez avancé dans son projet baptisé « Valchem », soutenu à hauteur de 15 000 euros. Adossée sur les équipements de Weylchem-Lamotte, une plateforme de chimie fine dans l’Oise, la start-up entend développer un service de « régénération » de déchets chimiques à base de matières coûteuses, comme le nickel, le palladium et même l’argent (aujourd’hui incinérées et enfouies une fois usagées), avec l’objectif derrière de les recommercialiser. «  Je veux aider l’industrie chimique à se tourner vers des pratiques plus vertes  », résume le futur ingénieur-chimiste, aujourd’hui en 4e année d’étude à l’ESCOM de Compiègne.

Parmi les autres projets retenus par la Fondation UPJV, on pourrait encore citer la société SFI pour « Sport Food Insect » (5000 euros). Portée par neuf étudiants en technique de commercialisation, génie biologique et sociologie, l’entreprise caresse l’espoir de vendre des produits à base de farine d’insecte. Une pâte de fruit et des barres de céréales pourraient venir grossir une gamme à destination des sportifs, si tant est qu’une future directive européenne espérée pour le 1er janvier 2018, les y autorise. On pourrait également parler de « Florixir » qui extrait et commercialise des huiles essentielles à partir de culture biologique en Picardie. Ou encore de « A part of France » qui commercialise des porte-clés commémoratifs contenant de la terre prélevée sur les lieux de grandes batailles de 14-18, au bénéfice de l’association du Souvenir français. Qui a dit que les étudiants étaient « gnangnan » ?

 Gaël Rivallain

Un espace de dons en ligne bientôt

L’enseignement supérieur compterait aujourd’hui une centaine de fondations d’établissement. Six partenaires économiques (dont EDF, La Poste, ou Tereos) se sont engagés sur un abondement de 600 000 euros pour 5 ans. D’autres ont rejoint le tour de table, dont Métarom, l’ordre des médecins, le barreau d’Amiens ou la Caisse des dépôts. Mais leurs budgets restent modestes. Pour lever davantage de fonds, la fondation ouvrira dans le courant de l’été un espace de dons en ligne via son site web (www.u-picardie.fr/fondation/). «  Notre objectif est de sensibiliser des entreprises de taille moins importante  », cible le président Olivier de Baynast, désormais secondé par un chef d’entreprise, Franck Courcelle, directeur général de Faiveley Transport Amiens.

SOURCE : COURRIER PICARD

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