GEM : une chaire sur la confiance dans l’industrie de la santé

Charles-Clemens Rüling, coordinateur de la Chaire « Public Trust in Health. »

Les scandales de l’industrie pharmaceutique ont provoqué un vif sentiment de défiance des Français. C’est en ce sens que Grenoble école de management (GEM) a mis en place une chaire visant à étudier la confiance collective dans la santé… en partenariat avec un laboratoire biopharmaceutique !

Affaire du sang contaminé, Mediator, Levothyrox, pilule de 3e et 4e générations, vaccination à outrance… Étudier les mécanismes de confiance collective dans la santé : tel est l’objectif de la 6e chaire de Grenoble École de Management (GEM.) Baptisée « Public trust in health », celle-ci s’inscrit dans le cadre de la Fondation GEM.

Cette chaire est soutenue financièrement par le laboratoire biopharmaceutique américain, Bristol-Myers Squibb (BMS) France dont l’actuel ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a siégé à son conseil d’administration. Il faut savoir que BMS a été pointé du doigt (avec Pfizer et Boehringer) lors de la mise en circulation de son anticoagulant, l’Eliquis, par le syndicat des jeunes biologistes médicaux en 2013 sur les risques de ce nouveau médicament, dont l’absence d’antidote, pourrait provoquer en cas d’hémorragie de nombreux décès. Le laboratoire se veut bien sûr rassurant quant à cette chaire. Dans son communiqué, GEM souligne que BMS est « engagé à soutenir une recherche académique indépendante. »

Transparence ?

La chaire, étant donné son partenaire financier, peut paraître opportuniste au vu de la défiance des populations envers les groupes pharmaceutiques. En attestent les crises et scandales d’hier, d’aujourd’hui et sans doute de demain. « La France est marquée par une culture d’une défiance collective générale qui touche l’ensemble des secteurs de notre société. Or, pour mener à bien tout projet de réforme ou d’innovation, la confiance du public est indispensable. Nos travaux permettront de mieux comprendre comment naît la défiance publique et comment les acteurs peuvent y remédier », explique Charles-Clemens Rüling, coordinateur de la chaire « Public trust in health.

D’une durée de 3 ans, les études porteront sur quatre axes : une analyse des facteurs contribuant aux crises de confiance dans le secteur de la santé, l’évolution de la confiance du public dans le contexte de l’innovation médicale, la contribution de l’expérience « client » dans la construction de la confiance et la création de serious game. Sur ce dernier point, la chaire a déjà développé un jeu sérieux, Serious Game Tech it « Santé et Bien-être. » Quant à la question de la transparence, « nous essayons de répondre au mieux à cela, en travaillant avec des bases de données de l’Organisation mondiale de la santé et de manière coopérative en croisant nos données par l’étude de cas entre différents pays comme la France et le Royaume-Uni. »

SOURCE : LESSOR38

 

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